Prise en charge de la fistule pancréatique par les analogues de la somatostatine - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
La fistule pancréatique (FP) est l’une des complications les plus importantes des chirurgies du pancréas. La somatostatine et ses analogues, par leur action inhibitrice des sécrétions exocrines et endocrines digestives, sont régulièrement utilisées en périopératoire dans nos services de chirurgie pour prévenir l’apparition de ces fistules et les traiter. Néanmoins, bien que les sociétés savantes de chirurgie digestive recommandent cette utilisation hors-AMM, les données de la littérature sur leur efficacité dans cette indication étaient controversées et il n’existe pas de recommandations nationales ou internationales. Une mise à jour des dernières données de la littérature, notamment suite à l’arrivée des biosimilaires, était nécessaire.
Objectifs |
Analyser les données disponibles de la littérature afin de mettre à jour notre protocole de prise en charge hors-AMM des FP postopératoires par les différents analogues de la somatostatine.
Méthode |
Nous avons fait une revue de la littérature via PubMed et Cochrane Library en utilisant les mots clés : “somatostatin analog” OR “octreotide” OR “lanreotide” AND “pancreatic fistula”.
Résultats |
Sur 240 résultats, nous avons restreint à 74 en ne nous focalisant que sur les 10 dernières années. Après élimination des doublons et des publications hors-sujet, il restait 13 publications dont 8 méta-analyses, 4 essais contrôlés randomisés et 1 étude observationnelle. Ces études ont comparé le taux d’apparition de FP avec analogues de la somatostatine versus placebo ou absence de traitement.
Huit publications montraient une diminution significative de ce taux avec l’octréotide (100–300ug/8h, SC, 5–10j), la somatostatine (3–6mg/j, IVSE, 5–7j) ou encore le lanréotide (120mg LP, SC, dose unique). De plus, une de ces publications conclut à une diminution du taux de FP avec lanréotide supérieure à celle des autres analogues (10 % sous lanréotide versus 12,7 % à 19,1 % avec ou sans analogue).
A contrario, 5 publications ne montraient pas de diminution significative du taux de FP postopératoire avec l’utilisation de somatostatine ou d’octréotide à même posologie que décrit précédemment.
Discussion - Conclusion |
Les données de la littérature disponibles confirment la controverse quant à l’efficacité de la somatostatine et ses analogues dans la prévention des FP postopératoires. Le lanréotide semble avoir une meilleure efficacité que la somatostatine et l’ocréotide. Les posologies retrouvées restent les mêmes que celles préconisées dans notre protocole (somatostatine 6mg/j et ocréotide 100ug/8h). Des études complémentaires et notamment sur le versant médicoéconomique sont nécessaires afin d’acter le positionnement de cet analogue dans la stratégie thérapeutique et modifier notre protocole. En accord avec les recommandations actuelles des sociétés savantes, l’administration peropératoire de ces trois analogues garde un intérêt non négligeable dans la prise en charge de la FP postopératoire.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Fistule du pancréas, Somatostatine-14, Utilisation hors indications
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e80 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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