Bon usage des formes orales en néonatalogie – exercice de simulation pour sécuriser la préparation des doses par les infirmiers et infirmiers-puériculteurs - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
Un atelier de simulation a été organisé dans le service de néonatologie de notre établissement. Le but est de sensibiliser le personnel soignant sur les bonnes pratiques de préparation des médicaments per os.
Objectifs |
L’objectif de ce travail est de décrire la mise en place de cet exercice, de présenter les avantages et inconvénients de son application.
Méthode |
À partir de dix-sept items inspirés des évènements indésirables déclarés sur le pôle Enfants-Néonatologie, quatre ordonnances sans erreur de prescription ont été rédigées. Quatre piluliers nominatifs divisés en horaires de prise et avec les dispositifs d’administration ont été préparés pour 24heures de traitement. À côté, un plateau simule le chariot à médicaments pour les formes orales liquides. Les médicaments disponibles sont ceux en cours de préparation pour la prise de 18h. Les participants s’imaginent dans leur salle de soin, en train de préparer les médicaments et inscrivent les erreurs qu’ils ont relevées sur une feuille de recueil. Chaque erreur détectée compte un point, la note obtenue est ramenée sur dix. Une limite de temps a été définie, six minutes pour le premier cas puis cinq minutes pour les suivants. L’atelier est mis en place selon la recommandation de la HAS sur la simulation: briefing, mise en situation, débriefing. Un binôme pharmacien – interne en pharmacie anime l’atelier.
Résultats |
Quarante-cinq soignants ont participé à l’atelier. La note moyenne globale s’élève à 5,2/10. Dans les erreurs les plus retrouvées, 80 % ont noté une dilution non prise en compte pour la préparation d’une dose orale de zidovudine, la plupart n’avait pas connaissance de l’augmentation du risque d’entérocolite en cas de solution hyperosmolaire ; 76 % ont vu que la forme IV du furosémide avait été mise à la place de la suspension buvable. Néanmoins, l’assertion parfaitement fausse « tout ce qui est injectable est buvable », a été proposée par certains en cas d’alternative orale non disponible. La mauvaise reconstitution d’une forme orale liquide (solution reconstituée dépassant le trait de jauge) a été l’erreur la moins relevée (16 %).
Discussion – conclusion |
Les erreurs non décelées peuvent être attribuées à l’aspect ludique de l’atelier. Le temps chronométré a été source de stress, un temps plus long aurait été nécessaire. Sur la forme les participants sont très satisfaits, 93 % ont répondu être favorables à la pérennisation de l’exercice. Sur le fond, les avis divergent, les médicaments de l’exercice étant parfois éloignés de la pratique quotidienne (peu d’utilisation de comprimé en néonatologie, médicaments non connus). La simulation en santé est une méthode pertinente de formation qui favorise la mémoration active notamment lors de la phase de débriefing. L’environnement authentique de l’exercice, a permis aux soignants de s’interroger plus facilement sur leur pratique quotidienne.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Administration par voie orale, Formation par simulation, Pédiatrie
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e89 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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