Entretien pharmaceutique de bon usage des dispositifs d’inhalation : de quoi redonner du souffle aux patients ! - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
Les maladies respiratoires chroniques obstructives (MRCO) nécessitent une prise en charge au long cours et sont sources d’hospitalisations récurrentes. Les principaux traitements utilisés sont des médicaments par voie inhalée. L’utilisation inadéquate des dispositifs d’inhalation (DI) peut être responsable du mauvais contrôle de ces pathologies. Le bon usage de ceux-ci est donc un critère indispensable à l’optimisation de la qualité de prise en charge médicamenteuse et constitue un enjeu majeur de santé publique. C’est ainsi que nous avons mis en place des entretiens pharmaceutiques (EP) de bon usage des DI pour les patients hospitalisés en service de pneumologie ayant un antécédent d’asthme, de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) ou dont la prescription contient au moins un traitement par voie inhalée.
Objectifs |
L’objectif de ce travail est d’évaluer l’impact des EP des dispositifs inhalés et les conséquences sur la prise en charge des patients.
Méthode |
Ce travail présente l’évaluation des EP sur une période de 8 mois (janvier 2023 à août 2023), reposant sur un suivi d’indicateurs : indication, présence d’une démonstration antérieure, nombre d’inhalateurs, type d’inhalateur, degré de bon usage évalué à l’aide d’une grille reprenant les étapes essentielles à l’utilisation des DI, conduite tenue a posteriori.
Résultats |
Au total, 85 patients ont bénéficié d’un EP, soit 150 utilisations pratiques de DI ont été évaluées. Cinquante-huit pour cent des DI étaient mal utilisés (87/150). Cent trente-sept étapes étaient non maîtrisées, soit une moyenne de 1,61 étapes mal maîtrisées par DI. Deux mésusages indépendants du DI reviennent de façon récurrente : absence d’expiration avant la prise ainsi que le non-respect du temps de pause après utilisation. Selon nos indicateurs, le format Turbuhaler est le dispositif qui génère le plus de mésusage (86 %), le Diskus est celui qui en génère le moins (44 %). Le format le plus représenté est l’aérosol doseur (31 % des DI) avec une utilisation incorrecte dans 66 % des cas. À la suite des EP, 10 % des DI ont nécessité un changement de dispositif et 6 % une adaptation de posologie, dans 7 % des cas différents dispositifs pouvaient être regroupés en un seul DI afin d’optimiser la prise en charge du patient, 2 % des prescriptions comportaient des redondances pharmacologiques évitables. Au total, sur 150 DI, 25 % ont fait l’objet d’une intervention pharmaceutique acceptée par un médecin conduisant à une modification de traitement.
Discussion – conclusion |
Au vu du nombre de mésusages relevés, la réalisation d’entretiens inhalateurs semble indispensable afin d’assurer un bon contrôle des maladies respiratoires. Une ouverture à d’autres services de ces entretiens pharmaceutiques pourrait être envisagée afin de permettre à un plus grand nombre de patients d’en bénéficier. Ces entretiens pourraient être l’occasion de réexpliquer la physiopathologie des MRCO en lien avec l’action des traitements par voie inhalée.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Éducation thérapeutique du patient, Intervention pharmaceutique, Pneumologie
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e95 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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