Étude épidémiologique des morsures de chiens et chats touchant la main et le membre supérieur en population adulte et infantile - 13/12/24

Résumé |
Les morsures d’animaux touchant le membre supérieur sont un motif fréquent de passage aux urgences. Il s’agit de pathologies graves, il est capital d’en connaître l’épidémiologie pour mettre en place une stratégie de prévention adaptée. Les cohortes épidémiologiques françaises datent de plusieurs dizaines d’années.
Les bonnes pratiques recommandent une prise en charge au bloc opératoire pour le parage et l’exploration de la plaie. Au quotidien, ces recommandations peuvent être difficiles à mettre en œuvre. Toute morsure de chien doit être déclarée par le soignant au premier contact du patient. Cette déclaration n’est que très peu réalisée.
Les objectifs sont de :
• | réaliser une étude épidémiologique en population adulte et pédiatrique des morsures de la main ; |
• | faire une mise au point des bonnes pratiques de la prise en charge des morsures de la main ; |
• | proposer une méthodologie simplifiée de déclaration hospitalière des morsures. |
Détermination de l’épidémiologie et des prises en charge réalisées en population pédiatrique et adulte par le croisement des données d’EDSan (entrepôt de donnée de santé normand) et des dossiers médicaux pseudanonymisés. Ont été inclus dans l’étude toutes les victimes d’une morsure animale du membre supérieur au sein du CHU de Rouen de 2013 à 2023. Seront étudiées les caractéristiques épidémiologiques, le nombre de séjours et parmi eux, ceux comprenant une prise en charge chirurgicale.
Il a été retrouvé un total de morsures ayant entraîné 2274 séjours dont 578 (25,4%) ont bénéficié d’un acte chirurgical et seulement 212 (9,3%) ont été réalisés au bloc opératoire. Au total, 138 patients pédiatriques ont présenté 151 morsures. Il existe une différence statistiquement significative entre les populations adulte et infantile concernant la prise en charge chirurgicale. Il n’est retrouvé aucune notion de déclaration dans les dossiers.
Les difficultés croissantes d’accès au bloc opératoire, exacerbées depuis la crise du COVID, expliquent ces résultats, qui sont observés dans de nombreux centres. Cela devrait encourager les équipes chirurgicales à suivre les recommandations de la littérature, qui soulignent l’importance des examens et de la prise en charge par un spécialiste de la main. En pédiatrie, les recommandations sont mieux respectées, tandis que chez les adultes, les professionnels de santé doivent souvent s’adapter en raison des contraintes d’accès au bloc opératoire.
Il semble aujourd’hui urgent d’améliorer la prise en charge des patients victimes de morsures animales aussi bien en population adulte que pédiatrique ainsi que le système de déclaration.
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Vol 43 - N° 6
Article 101927- décembre 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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