Volumineuse chéloïde multirécidivante de la paume de la main et substitut collagénique : une possibilité thérapeutique ? - 13/12/24
Résumé |
La chéloïde revêt un statut particulier: de physiopathologie mal connue, et de réponses imprévisibles aux traitements, elle représente un défi médicochirurgical. La paume de la main demeure de plus une localisation difficile: sans excédent cutané permettant une fermeture directe en cas d’importantes pertes de substances, et le besoin de rester creuse limitant le resurfaçage par lambeau qui entraînerait un encombrement certain.
Les substituts collagéniques comme outil de couverture d’une résection de chéloïde ont été peu étudiés dans la littérature.
Dans cette communication nous rapportons l’expérience d’un cas de chéloïde multirécidivante de la paume de main traitée par substitut collagénique et radiothérapie.
Nous présentons le cas d’une femme de 63 ans, caucasienne, opérée initialement d’une maladie de Dupuytren du 4e rayon. Les prises en charges médicochirurgicales en échec seront détaillées. Le protocole chirurgical d’excision — couverture par substitut collagénique — radiothérapie sera expliqué, ainsi que la prise en charge postopératoire en kinésithérapie. Les résultats esthétiques et fonctionnels seront présentés.
La patiente avait subi plusieurs tentatives chirurgicales (injection de corticoïdes, trois chirurgies avec section de bride et résection de chéloïde avec couverture par greffe de peau totale et vêtement compressif) sur 4 ans. À chaque fois, la cicatrisation est particulièrement lente, incomplète, et chéloïdienne sur la voie d’abord conduisant à un flessum des articulations métacarpophalangiennes des 4e et 5e doigts d’environ 90°, et une gêne fonctionnelle importante.
Une ultime prise en charge multidisciplinaire par résection chéloïdienne large en zone saine jusqu’aux éléments nobles, et couverture de ceux-ci par substitut collagénique, et radiothérapie externe (postopératoire immédiate et quotidienne, 18Gy en 9 fractions de 2Gy) a été réalisée, puis une couverture par greffe de peau mince a suivi à 3 semaines.
La cicatrisation a été acquise sans difficulté ni retard.
À 1 an postopératoire, les résultats fonctionnels et esthétiques sont satisfaisants, sans récidive. L’ouverture complète de tous les doigts est maintenant possible.
Les chéloïdes de la paume de la main sont rares dans la littérature et leur traitement est difficile. L’utilisation des substituts collagéniques pour couvrir les structures nobles de la main est peu étudiée dans la littérature, mais fait partie de l’arsenal thérapeutique et peut être associée à une radiothérapie adjuvante pour réduire les risques de récidive.
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Vol 43 - N° 6
Article 101932- décembre 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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