Syndrome récalcitrant du canal carpien : à propos d’un cas en présence d’un schwannome du nerf médian au poignet - 13/12/24
Résumé |
La récidive après une intervention chirurgicale d’un syndrome du canal carpien n’est pas exceptionnelle. La fréquence d’une deuxième intervention varie de 0,3 à 12 %. Il faut en cas de révision de chirurgie du canal carpien distinguer les syndromes persistants ou récalcitrants et les syndromes récidivants dont les signes réapparaissent au-delà d’un délai de trois mois. D’autre part, le tumeurs nerveuses de la main sont rares. Les schwannomes représentent 0,8–2,1 % des tumeurs à la main. L’association syndrome du canal carpien et schwannome du nerf médian a déjà été rapporté dans la littérature de manière épisodique.
Nous rapportons le cas d’une femme de 56 ans, opérée 3 ans auparavant par voie endoscopique d’un syndrome du canal carpien à droite chez une droitière. Aucun examen électromyographique n’avait précédé l’intervention. Au décours de l’intervention, les douleurs persistantes allant en s’accroissant, devenant insomniantes associées à une amyotrophie thénarienne. L’examen électromyographique dénote une atteinte distale sensitivomotrice du nerf médian au poignet. L’IRM démontre une tumeur nerveuse du tronc du nerf médian au tunnel carpien évoquant un schwannome.
Une intervention chirurgicale sous anesthésie locorégionale et garrot pneumatique, à ciel ouvert et pratiquée permettant une tumorectomie complète de la lésion nerveuse en amont de l’émergence de la branche motrice.
Il s’agit bien d’une tumeur de type schwannome de 2×0,8cm, bénigne. L’exérèse est complète. Les suites opératoires sont simples. Disparition des douleurs nocturnes avec la persistance d’une hypoesthésie de l’hémi-pulpe radiale du pouce et d’une modeste amyotrophie externe à 4 mois de recul.
Les tumeurs nerveuses à la main représentent des entités rares. Plusieurs diagnostics différentiels comprennent les névromes (post-traumatiques), un hamartome lipofibromateux mais pas à l’âge de la patiente, l’exceptionnel neurothekeoma. La particularité de ce cas clinique réside en la limite de la vidéo-chirurgie associée au défaut d’examen électromyographique précédant l’indication opératoire et l’acte chirurgical.
En cas de chirurgie nerveuse, et en particulier lors d’une neurolyse, l’examen électromyographique s’avère indispensable, voire obligatoire. Confirmant la véracité du diagnostic et permettant la topographie lésionnelle. Ce cas clinique démontre aussi la limite de la vidéo-chirurgie en cas de neurolyse du nerf médian au poignet.
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Vol 43 - N° 6
Article 101948- décembre 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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