Plastie stabilisatrice à l’extenseur ulnaire du carpe dans les implants hamatométacarpiens : étude de faisabilité - 13/12/24
, Solal Benhamou, Benjamin Haddad, Samuel Zribi, Quentin BaumannRésumé |
L’arthrose hamatométacarpienne (AHM) est une affection rare, méconnue et sous-diagnostiquée. Elle impacte principalement les travailleurs manuels par la douleur et la perte de mobilité. Des techniques chirurgicales proposent une alternative à l’arthrodèse intermétacarpienne par mise en place d’une plastie d’interposition en pyrocarbone après résection arthroplastique. Cette dernière présente un risque d’instabilité dorsale de l’implant. Notre travail étudie la faisabilité d’adjoindre à cette technique une plastie dorsale stabilisatrice à l’extenseur ulnaire du carpe (EUC).
Cette étude de faisabilité évalue sur pièce anatomique la possibilité, l’efficacité et les limites de la technique de plastie dorsale. Après individualisation et prélèvement d’un hémi-EUC, une plastie de retournement est effectuée. Deux tunnels bornes sont effectués sur la base du métacarpien et un troisième au centre de l’hamatum : l’hémi-EUC est alors positionné en « Z » à la face dorsale de l?AHM préalablement réséquée. Après réglage de la tension ligamentaire en position neutre du poignet, 3 systèmes d’ancrage en interférence maintiennent notre plastie réalisant 3 jambages hamatométacarpiens. La mobilité de l’implant a été évaluée par des tests cliniques, biomécaniques et radiographiques.
Les résultats ont démontré la faisabilité technique de cette plastie dorsale ainsi que la stabilité de l’articulation H-M5 lors des tests radiographiques et biomécaniques particulièrement lors des mouvements composés en flexion et supination.
La durée de cette procédure supplémentaire est de 9min.
L’arthrose hamatomécarpienne est une affection pour laquelle l’arthrodèse intermetacarpienne est une option fiable mais au risque d’une perte de force et de mobilité du 5e rayon.
Les rares séries décrivant la technique d’implant d’interposition en pyrocarbone et l’expérience des opérateurs rapportent des cas de luxation dorsale ou d’instabilité ressentie incitant à faire évoluer la technique.
Ainsi cet artifice techniquement peu compliqué, ne rallonge que de peu la durée de l’intervention.
Il pourrait permettre de réduire le risque de luxation dorsale en permettant aux opérateurs l’utilisation d’un implant moins contraint. Par ailleurs la stabilité supplémentaire s’opposerait aux mouvements de micromobilités prothétique source d’usure prématurée du pyrocarbone.
Une étude comparative et sur une population plus grande devrait être effectuée.
La plastie dorsale stabilisatrice à l’hémi-EUC est un artifice technique facilement réalisable qui pourrait renforcer la technique existante d’implant pyrocarbone dans l’AHM.
Des études cliniques supplémentaires sont nécessaires pour confirmer ces résultats et valider la technique. Cette innovation pourrait significativement améliorer la qualité de vie des patients affectés par cette pathologie rare mais invalidante permettant de restaurer disparition des douleurs, force et mobilité.
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Vol 43 - N° 6
Article 101886- décembre 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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