Reconstruction de l’artère ulnaire au canal de Guyon par un greffon artériel : étude anatomique - 13/12/24
, Lionel Athlani, Colin Piessat, Francois DapRésumé |
Le syndrome du marteau hypothénarien correspond à une sténose, une thrombose ou un anévrisme de l’artère ulnaire dans le canal de Guyon. En cas de symptômes invalidants le traitement chirurgical s’impose.
Les pontages veineux, par leur grande disponibilité et leur facilité de prélèvement sont les plus utilisés mais ils sont sujets aux thromboses.
Afin de limiter ces reprises, certains auteurs ont proposé l’utilisation de pontages artériels. Leur taux de thrombose est en effet très faible. Pour ces greffons, le prélèvement est source de plus de morbidité que pour un greffon veineux. Compte tenu de la diversité du réseau artériel, nous émettons l’hypothèse d’un greffon artériel de calibre et de longueur concordant avec la reconstruction artérielle souhaitée, et dont le prélèvement serait peu invasif avec une rançon cicatricielle acceptable.
Nous avons réalisé une étude anatomique cadavérique pour étudier la faisabilité technique et les avantages de trois greffons artériels potentiels aux dépens des artères interosseuse antérieure, récurrente radiale et géniculée descendante. Après avoir crée une perte de substance de l’artère ulnaire afin de simuler la pathologie thrombotique, nous avons réalisé la reconstruction avec les différents greffons. Pour chaque candidat, nous avons mesuré la longueur, le calibre et la congruence avec le calibre de l’artère ulnaire.
Le calibre de l’ARR était nettement inférieur à celui de l’AU.
L’AIOA, n’a pas été retenue dans cette étude comme greffon en raison de son calibre moyen qui aurait nécessité la réalisation d’un artifice plastique.
L’ADG représentait la seule artère avec une congruence jugée acceptable. Ainsi, des anastomoses termino-terminales complètes et sans artifice plastique ont pu être réalisées uniquement avec ce greffon.
Notre étude anatomique confirme la faisabilité technique de prélèvement des AIOA, ARR et ADG avec une rançon cicatricielle acceptable. Nos résultats suggèrent que seules l’AIOA et l’ADG offriraient une longueur utile compatible. Néanmoins, la combinaison de la longueur artérielle disponible et de la congruence de diamètre font de l’ADG la solution la plus cohérente.
Le calibre et la morphologie de l’artère géniculée descendante en font un sérieux candidat pour les reconstructions de l’artère ulnaire au niveau du Guyon. La principale limite de ce greffon est sa longueur qui n’excède pas 6cm. Le prélèvement de l’artère interosseuse antérieure pourrait palier au problème de longueur posé par l’artère géniculée descendante mais sa congruence de calibre avec l’artère ulnaire est moins bonne nécessitant le recours à des plasties vasculaires lors de la réalisation des anastomoses.
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Vol 43 - N° 6
Article 101867- décembre 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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