HOPIPRAC : Interface de pharmacovigilance pour la détection de cas d’évènements indésirables dans un entrepôt de données hospitalier - 31/10/25
HOPIPRAC: Pharmacovigilance interface for detecting cases of adverse events in a hospital data warehouse
, Hélène Jantzem a, André Happe b, c, Jean Michel Cauvin b, c, d, Dominique Carlhant-Kowalski a, Greta Gourier aRésumé |
Introduction |
La notification spontanée est la méthode de référence pour le recueil des effets indésirables des médicaments (EIM). Mais, elle reste insuffisante. La recherche textuelle dans le dossier médical électronique a ouvert une nouvelle voie dans la collecte des EIM. Néanmoins, ces méthodes présentent certaines limites. Les entrepôts de données constituent un environnement numérique riche regroupant tous les supports d’un dossier médical informatique. Le centre de données cliniques (CDC) du CHU de Brest a développé un outil métier pour la pharmacovigilance, l’interface HOPIPRAC, apportant une autonomie dans l’interrogation de l’ensemble de la base de données hospitalière à la détection de cas de suspicion d’EIM à partir des dossiers patients informatisés.
Méthode |
La source de donnée utilisée était l’entrepôt de données du CHU de Brest. La mise au point de l’outil informatique et les différents tests se sont succédé sur une période entre 2015 et 2018. Un test de validation de l’outil a été proposé reposant sur le choix d’un signal positif issu de l’expérience brestoise antérieure (valvulopathie avec Benfluorex). L’outil de requête dans l’entrepôt de données hospitalières permet également de réaliser d’autres formes d’interrogation pour identifier de nouveaux risques, en particulier avec les nouveaux médicaments mis sur le marché, comme le Nivolumab. L’outil a été testé pour identifier et analyser les toxidermies bulleuses décrites comme les plus sévères et très souvent spécifiques d’une origine médicamenteuse.
Résultat |
Le test de validation a permis de retrouver 98 % des cas historiques enregistrés dans la base nationale de pharmacovigilance, ainsi que de nouveaux cas potentiels non signalés au CRPV (Centre Régional de Pharmacovigilance) de Brest. La cohorte nivolumab a permis de retrouver 34 cas d’EIM. Parmi ces cas, 82 % étaient graves et certains étaient inattendus à la date de l’extraction. La requête concernant les toxidermies a permis de retrouver 137 cas dont 56 % n’avaient pas été déclarés au CRPV de Brest. Concernant le (Syndrome de Stevens Johnson (SJS), 28 % des cas ont été associés à des antinéoplasiques (7 cas), notamment les inhibiteurs des tyrosines kinases (sorafenib, vemurafenib, regorafenib) issus des thérapies innovantes, alors que ce risque est décrit comme rare dans les résumés des caractéristiques des produits des spécialités de ces 3médicaments.
Discussion |
L’interface HOPIPRAC est un outil informatique innovant pour l’évaluation de la sécurité des médicaments. Elle permet aux pharmacovigilants d’avoir un accès autonome aux données médicales hospitalières électroniques. Ses applications en routine sont : 1- l’amplification d’un signal de pharmacovigilance obtenu par notification spontanée ; 2- le suivi des effets indésirables de cohortes de patients exposés à un médicament spécifique et 3- la cartographie de certaines toxicités médicamenteuses au sein des données hospitalières. Toutefois, certaines limites ont été identifiées : la difficulté de mettre en évidence des effets indésirables rares au vu de la faible représentativité populationnelle de l’entrepôt interrogé et l’absence, dans l’entrepôt, de certaines données pertinentes pour explorer l’iatrogénie médicamenteuse.
Conclusion |
L’interface HOPIPRAC offre au pharmacovigilant une autonomie dans la surveillance du risque médicamenteux dans les établissements de santé en plus de la notification spontanée. L’interrogation d’un entrepôt plus évolué colligeant des données multimodales, et son déploiement à une plus large échelle régionale, voire nationale permettra de pallier certaines des limites de l’entrepôt actuel.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Summary |
Introduction |
Spontaneous reporting is the reference method for collecting data on adverse drug reactions (ADRs). However, it remains insufficient. Text search in the electronic medical record has opened up a new way of collecting ADRs. However, these methods have certain limitations. Data warehouses constitute a rich digital environment bringing together all the informations in an electronic medical record. The Clinical Data Centre (CDC) at Brest University Hospital has developed a pharmacovigilance tool, the HOPIPRAC interface, which provides autonomy in querying the entire hospital database to detect cases of suspected ADRs from computerised patient records.
Method |
The data source used was the CHU de Brest data warehouse. The IT tool was developed and tested between 2015 and 2018. A validation test of the tool was proposed, based on the choice of a positive signal from Brest's previous experience (valvulopathy with Benfluorex). The hospital data warehouse query tool can also be used to carry out other forms of interrogation to identify new risks, particularly with new drugs on the market, such as Nivolumab. The tool was tested to identify and analyse bullous toxidermia, described as the most severe and very often of a drug origin.
Results |
The validation test identified 98% of the historical cases recorded in the national pharmacovigilance database, as well as potential new cases not reported to the Brest CRPV. The nivolumab cohort identified 34 ADR cases. Of these cases, 82% were serious and some were unexpected at the time of extraction. The toxidermia query identified 137 cases, 56% of which had not been reported to the Brest CRPV. With regard to Stevens Johnson Syndrome (SJS), 28% of cases were associated with antineoplastics (7 cases), in particular tyrosine kinase inhibitors (sorafenib, vemurafenib, regorafenib) derived from advanced therapies, although this risk is described as rare in the summaries of product characteristics for these 3 drugs.
Discussion |
The HOPIPRAC interface is an innovative IT tool for assessing drug safety. It gives pharmacovigilants independent access to electronic hospital medical data. Its applications are: 1- amplification of a pharmacovigilance signal obtained by spontaneous notification; 2- monitoring of adverse reactions in cohorts of patients exposed to a specific drug; and 3- mapping of certain drug toxicities within hospital data. However, a number of limitations has been identified: the difficulty of identifying rare adverse events due to the low population representativeness of the surveyed warehouse, and the absence of certain data relevant to the exploration of adverse drug reactions.
Conclusion |
The HOPIPRAC interface gives pharmacovigilants autonomy in monitoring drug risk in healthcare institutions, in addition to spontaneous notification. Querying a more advanced warehouse that collects multimodal data, and deploying it on a wider regional or even national scale, will help to overcome some of the limitations of the current warehouse.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Base de données hospitalières, Signal, Pharmacovigilance, Effets indésirables des médicaments
Keywords : Hospital data warehouse, Signal, Pharmacovigilance, Adverse drug reaction
Plan
Vol 80 - N° 5
P. 572-579 - septembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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