Phénotype cutané atypique lié à une double mutation KRT1 et NECTIN4 : un gène peut en cacher un autre - 12/11/25
Résumé |
Introduction |
Le gène NECTIN4, codant une protéine d’adhésion cellulaire et le gène KRT1, codant la kératine 1, une protéine structurale de l’épiderme, sont respectivement impliqués dans la syndactylie ectodermique et l’ichtyose épidermolytique. Différents variants de ces gènes ont été décrits, avec une pénétrance variable et des expressions cliniques hétérogènes selon les individus.
Observation |
Un homme de 35 ans, aux antécédents de retard d’ossification dentaire, de kératodermie palmoplantaire débutant dans l’enfance et de dermatose bulleuse néonatale non étiquetée était adressé pour suspicion d’épidermolyse bulleuse. L’examen clinique retrouvait une kératodermie palmoplantaire (KPP) sévère, une hypotrichose diffuse, une microdontie, une dystrophie unguéale, une hyperkératose localisée aux reliefs osseux et plis, une ichtyose avec de petites squames blanches et des zones de décollement superficiel et de desquamation aux zones de frottement, sans bulles. Il n’y avait pas d’atteinte muqueuse ou de manifestation systémique. Les parents du patient étaient asymptomatiques, sans consanguinité connue mais originaires de la même région. L’analyse génétique a identifié chez le patient deux variants faux-sens homozygotes de NECTIN4 c.899T>C (p.Leu300Ser) et de KRT1 c.1502T>A (p.Val501Glu), retrouvés à l’état hétérozygote chez les parents.
Discussion |
Le patient présentait un tableau clinique atypique mêlant une symptomatologie d’ichtyose, de fragilité cutanée et de dysplasie ectodermique sans entrer dans un cadre nosologique connu. L’analyse moléculaire a identifié 2 mutations homozygotes dans 2 gènes différents pouvant expliquer ce phénotype. Le variant NECTIN4 identifié chez notre patient, localisé dans le domaine Ig-like de la protéine, n’a jamais été rapporté dans la littérature. L’analyse de la dizaine de cas publiés montre une transmission autosomique récessive et un tableau combinant anomalies dentaires, hypotrichose et parfois syndactylie, comme présenté par notre patient. Cependant, aucun des cas n’avait d’ichtyose, de fragilité cutanée ou de KPP sévère. La présence concomitante d’un variant KRT1, gène classiquement impliqué dans les kératinopathies épidermolytiques, pourrait expliquer ces éléments cliniques atypiques. La variant porté par le patient à l’état homozygote n’a jamais été décrit et se trouve dans une zone pouvant altérer l’épissage. La transmission est habituellement dominante mais des cas de formes récessives issus de parents hétérozygotes asymptomatiques ont été décrits.
Conclusion |
Ce cas illustre un phénotype combiné rare, résultant de la coexistence de deux mutations homozygotes dans deux gènes impliqués dans deux génodermatoses distinctes, soulignant l’importance de l’interprétation intégrée des données cliniques et génétiques.
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Vol 5 - N° 8S
P. A285 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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