Rôle pathogène des cellules T invariantes associées aux muqueuses (MAIT) dans la polyarthrite rhumatoïde - 02/12/25
, V. Gonzalez 2, A. Cauvet 2, L. Beaudoin 2, F. Oudart 2, A. Schvartz 3, F. Carbone 3, M. Menager 3, N. Sénot 4, F. Tilotta 5, Y. Allanore 6, A. Lehuen 2, J. Avouac 6Résumé |
Introduction |
Les cellules MAIT ( mucosal-associated invariant T ) sont des lymphocytes innés-like producteurs de cytokines et de molécules cytotoxiques. Leur fréquence réduite et leur phénotype altéré sont rapportés dans plusieurs maladies auto-immunes. Cette étude visait à caractériser les altérations des cellules MAIT dans le sang et le liquide articulaire (LA) de patients polyarthrite rhumatoïde (PR), et à évaluer leur impact sur l’inflammation articulaire à l’aide de modèles in vitro et in vivo.
Matériels et méthodes |
Les cellules MAIT ont été analysées par cytométrie en flux dans le sang de 75 PR et 42 témoins sains. Les cellules MAIT du LA ont été étudiées chez 19 PR. Une analyse transcriptomique unicellulaire (scRNA-seq) a été réalisée sur des échantillons appariés sang/LA de 6 PR et sang de 4 témoins. Les interactions cellules MAIT-synoviocytes de type fibroblastique (FLS) ont été étudiées en co-culture. Le rôle in vivo des cellules MAIT a été évalué dans deux modèles murins d’arthrite (induite par mBSA et modèle TNF-transgénique), en utilisant des souris déficientes en cellules MAIT (MR1 KO) et un inhibiteur de leur activation (Ac-6-FP).
Résultats |
Les cellules MAIT circulantes étaient diminuées dans la PR par rapport aux témoins (0,51 % vs 2,7 %, p < 0,001), avec un phénotype activé, épuisé (↑CD69, CD25, Tim-3) et une production accrue d’IL-17 et de granzyme B ( Figure 1 ). Le scRNA-seq montrait une surexpression de gènes liés à l’activation, l’épuisement, l’apoptose, la cytotoxicité (GZMB, PRF1), et aux récepteurs de chimiokines (CCR1, CXCR6). Malgré leur déplétion sanguine, les cellules MAIT étaient enrichies dans le LA ( Figure 2 ) (0,65 % vs 0,32 %, p = 0,048), surtout dans les arthrites récentes. Dans le LA, elles présentaient un phénotype encore plus activé (↑CD69, CD25), plus épuisé (↑PD-1, ↓CD127), et une expression diminuée de CCR6 et CD56 comparativement au sang. Le scRNA-seq confirmait ce profil et révélait une activation de la voie IFN de type I et une signature de migration chémokine-dépendante. L’analyse CellChat indiquait que pDCs et monocytes participaient au recrutement des MAIT par gradient chimiokinique Pour finir, les cellules MAIT du LA exprimaient également plus d’IL-10, suggérant un rôle à la fois inflammatoire et régulateur.
En co-culture, les cellules MAIT activées induisaient l’activation des FLS avec augmentation de l’expression d’ICAM1 et PDPN, ainsi que la sécrétion d’IL-1β, IL-6, IL-8 et MCP-1. Le RNA-seq des FLS exposés à des cellules MAIT activées montrait une induction de cytokines inflammatoires, de chimiokines, de gènes IFN-dépendants et de métalloprotéases.
In vivo, les souris MR1 KO présentaient une réduction de la sévérité et des lésions articulaires dans les deux modèles d’arthrite ( Figure 3 ). Le traitement par Ac-6-FP améliorait également les paramètres cliniques et histologiques dans le modèle mBSA.
Conclusion |
Les cellules MAIT sont diminuées dans le sang mais enrichies dans le LA des patients PR, où elles présentent un phénotype activé et épuisé, probablement induit par le microenvironnement inflammatoire local. Leur migration vers l’articulation pourrait être guidée par un gradient de chimiokines. Localement, elles favorisent l’inflammation via leur cytotoxicité, leur production de cytokines et l’activation des FLS. Leur modulation réduit l’arthrite chez la souris, suggérant un intérêt thérapeutique dans la PR.
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Vol 92 - N° S1
P. A17-A19 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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