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Le choix du traitement biologique de première ligne influence-t-il la progression vers une polyarthrite rhumatoïde difficile à traiter ? Perspectives issues de notre cohorte longitudinale PR UCLouvain Bruxelles - 02/12/25

Doi : 10.1016/j.rhum.2025.10.375 
C. Van Mullem 1, 2, , F. Natalucci 1, 2, S. Dierckx 3, A. Avramovska 1, 2, T. Sokolova 1, 2, P. Durez 1, 2
1 Institut de recherche expérimentale et clinique (IREC), Rheumatology, Bruxelles, Belgique 
2 Cliniques universitaires Saint-Luc, université catholique de Louvain (UCLouvain), Bruxelles, Belgique 
3 Rhumatologie, CHU UCL Namur, hôpital Mont-Godinne, Mont-Godinne, Belgique 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

La prise en charge de la polyarthrite rhumatoïde (PR) a considérablement évolué, néanmoins, une proportion considérable de patients reste réfractaire à de multiples traitements. Ces personnes ont récemment été incluses dans la nouvelle classification comme PR difficile à traiter (PR D2T). Les recherches en cours visent à identifier les caractéristiques de la résistance au traitement en fonction des mécanismes d’action des DMARD biologiques (bDMARD). Nous avons cherché à estimer la probabilité de progression vers la PR D2T au sein de notre cohorte de PR de l’UCLouvain Bruxelles et à évaluer si le premier traitement par bDMARD ou tsDMARD influence ce risque.

Patients et méthodes

Nous avons mené une analyse rétrospective sur les données cliniques, biologiques, radiologiques et thérapeutiques depuis la première consultation disponible jusqu’à consultation définissant le status PR D2T en analysant tous les traitements par b/ts (synthétiques) DMARD administrés.

Résultats

Nous avons inclus 675 patients atteints de PR [H/F, 158/517], avec une durée médiane de suivi de 217,1 ± 9,8 mois. Cent vingt-six (18,7 %) PR répondaient à la définition de la PR D2T. Comme le montre le Tableau 1 A, le groupe D2T a été diagnostiqué à un âge plus jeune et présentait un score HAQ plus élevé (1,60 ± 0,12 vs 1,30 ± 0,04) et ont été plus fréquemment exposés aux corticostéroïdes avant le début du traitement par b ou tsDMARD (82,8 % vs 63,8 % ; p < 0,001). La Fig. 1 A–E illustre l’évolution des PR vers le D2T. Nous confirmons que les patients diagnostiqués après 2000 ont eu accès plus tôt aux b ou tsDMARD ( p < 0,001) ( Tableau 1 ), mais les taux de D2T sont restés similaires, ce qui suggère que le traitement précoce n’a pas complètement réduit le risque ( Fig. 1 C). La visualisation du parcours de traitement ( Fig. 2 A) a révélé des transitions fréquentes entre les types de traitement en fonction des mécanismes d’action, en particulier des anti-TNF vers les inhibiteurs de l’IL-6 et les inhibiteurs de JAK, reflétant un schéma thérapeutique progressif typique de la PR D2T. Une carte couleur ( Fig. 2 B) a confirmé que si les anti-TNF dominaient la première ligne biologique (81 %), leur utilisation diminuait considérablement parmi les types de traitement ultérieures. L’analyse des raisons de l’arrêt du traitement a montré qu’à partir de la troisième ligne de traitement biologique, l’inefficacité, primaire ou secondaire, était de loin le facteur le plus courant justifiant le changement de traitement (plus de 80 %), dépassant les événements indésirables ou d’autres causes, ce qui souligne la nature réfractaire de la maladie chez ces patients. Il est important de noter que la survie dans le groupe de non-D2T ne différait pas de manière significative en fonction de la classe de b/tsDMARD initiale ( Fig. 1 D–E) ou de l’utilisation ou non en monothérapie ou combiné au csDMARD.

Conclusion

Dans cette vaste cohorte de 675 patients atteints de PR suivis à long terme, 127 patients ont développé une PR D2T (18,8 %). Les patients D2T sont plus jeunes et présentent davantage de déficiences fonctionnelles. L’utilisation de corticostéroïdes avant le premier bDMARD était plus fréquente dans le groupe D2T. Nous n’avons pas identifié de différence dans les résultats (D2T) lorsque nous avons comparé différents types de traitement en première intention, comparant les anti-TNF versus d’autres traitements. La gravité de la maladie et l’inflammation persistante semblent être les principaux facteurs de progression vers la PR D2T, plutôt que des stratégies de traitement spécifiques. D’autres analyses sont en cours afin de mieux définir le concept de PR D2T.

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Vol 92 - N° S1

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