Prévention primaire des maladies cardiovasculaires par aspirine faible dose au diagnostic d’artérite à cellules géantes : émulation d’un essai cible dans le Système national de données de santé (SNDS) - 02/12/25
, D. Hajage 2, A. Guedon 3, F. Carrat 4, R. Seror 5, F. Tubach 6Résumé |
Introduction |
Les patients atteints d’artérite à cellules géantes (ACG) ont jusqu’à deux fois plus de risque d’événements cardiovasculaires que la population générale. Certaines études de petite taille suggèrent un bénéfice de l’aspirine en prévention primaire dans l’ACG. À l’inverse, un essai randomisé mené auprès de personnes âgées en bonne santé a montré que la prévention primaire par aspirine était plus néfaste que bénéfique. L’objectif est d’évaluer la balance bénéfice–risque de l’aspirine au diagnostic d’artérite à cellules géantes (ACG).
Patients et méthodes |
Nous avons émulé un essai cible en utilisant le système national des données de santé. Nous avons inclus les patients ≥ 50 ans avec un diagnostic incident d’ACG entre 2010 et 2022. Les critères d’exclusion étaient un antécédent de maladie cardiovasculaire, une neuropathie optique ischémique antérieure, et un traitement par antiplaquettaire ou anticoagulant dans les trois mois précédant. L’intervention a été définie comme la délivrance d’aspirine dans les 14 jours suivant la sortie de l’hôpital.
Le critère d’évaluation principal était les MACE, définis comme un composite d’infarctus du myocarde (IDM), d’accident vasculaire cérébral (AVC) ischémique et de mortalité toutes causes, à un temps d’évaluation précoce de 1 an. Ces critères ont été évalués individuellement, ainsi que les hémorragies majeures. Le bénéfice clinique net est un composite de MACE et d’hémorragie majeure. Ces critères ont aussi été évalués à 3 ans.
Afin de corriger les biais de confusion et liés au temps immortel pendant la période de grâce de 14 jours pour l’initiation à l’aspirine après la sortie de l’hôpital, nous avons mis en œuvre une stratégie de clonage–censure–pondération. La pondération prenait en compte les caractéristiques sociodémographiques, les facteurs de risque cardiovasculaires et la fragilité.
Les résultats sont exprimés par une différence de risque cumulé (RD) aux temps cités précédemment, estimés par Kaplan-Meier pondérés dans chaque bras.
Résultats |
Nous avons inclus 15 206 patients répondaient aux critères d’inclusion. L’âge médian était de 73,4 ans, 71 % étaient des femmes. Au total, 5383 (35 %) ont initié de l’aspirine dans les 14 jours de la sortie. À 1 an, nous avons observé une diminution du risque de MACE de 0,47 % (IC95 % : −0,93 à −0,01), soit un risque relatif de 0,89 (IC95 % : 0,92–0,99), avec en particulier une diminution du risque de mortalité toute cause de −0,45 % (IC95 % : −1,10 à −0,04) soit un risque relatif de 0,88 (IC95 % : 0,91–0,98). Corolairement, nous avons observé une augmentation du risque hémorragique de 0,60 % (IC95 % : 0,22–0,98). À 3 ans, le bénéfice semblait plus important en faveur de l’aspirine sans augmentation du risque hémorragique ( Fig. 1 ). L’analyse a sous-groupe a révélé que ce bénéfice était porté chez les femmes et les patients diabétiques ( Fig. 2 ).
Conclusion |
L’aspirine semble associée à une diminution précoce des évènements cardiovasculaires majeurs à 1 an et en particulier de la mortalité toute cause, avec une augmentation du risque hémorragique augmenté. Ce bénéfice persistait à 3 ans, et semblait plus important chez les femmes et les patients diabétiques.
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Vol 92 - N° S1
P. A72-A73 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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