Essai clinique randomisé évaluant l’impact d’un programme d’éducation thérapeutique sur la gestion de la corticothérapie chez des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde par le score GTI : résultats à M3 - 02/12/25
, I. El Binoune 2, S. Rostom 3, S. Zemrani 4, B. Amine 5, R. Bahiri 3Résumé |
Introduction |
Les corticoïdes occupent une place centrale dans la prise en charge de la polyarthrite rhumatoïde (PR), en raison de leur efficacité rapide sur les symptômes inflammatoires. Toutefois, leur utilisation prolongée est associée à des effets secondaires fréquents et potentiellement sévères, tels que l’hypertension artérielle, les troubles métaboliques (diabète, dyslipidémie), l’ostéoporose ou encore les infections. Dans un contexte où l’automédication reste fréquente et où le suivi régulier peut être insuffisant, l’éducation thérapeutique du patient (ETP) apparaît comme une approche prometteuse pour optimiser l’utilisation des corticoïdes et réduire leur toxicité. L’objectif principal de cette étude était d’évaluer l’impact d’un programme structuré d’ETP sur la gestion de la corticothérapie chez des patients atteints de PR, en mesurant l’évolution du score GTI.
Matériels et méthodes |
Il s’agit d’un essai clinique randomisé incluant 60 patients atteints de PR, répartis en deux groupes : un groupe bénéficiant d’un programme d’ETP centré sur la corticothérapie ( n = 30) et un groupe témoin sans intervention éducative ( n = 30). Les critères d’inclusion comprenaient un diagnostic confirmé de PR selon les critères ACR/EULAR et un traitement par corticoïdes. Les patients présentant des comorbidités sévères non liées à la PR étaient exclus. Le programme d’ETP comprenait des séances collectives et individuelles, portant sur les mécanismes d’action des corticoïdes, leurs effets indésirables, les règles de sevrage, l’importance du suivi clinique et biologique, et les mesures préventives (hygiène de vie, alimentation, activité physique). Les deux groupes ont été évalués à l’inclusion (M0) et à 3 mois (M3). Le critère principal de jugement était l’évolution du score GTI global.
Résultats |
L’âge moyen des patients était de 55 ± 13 ans, avec une prédominance féminine (92 %). À M0, les deux groupes étaient comparables en termes de caractéristiques cliniques et de score GTI : 108,3 ± 62,2 dans le groupe ETP versus 126,6 ± 48,5 dans le groupe non-ETP ( p = 0,2). Après 3 mois, une diminution significative du score GTI a été observée dans le groupe ETP (moyenne ΔGTI : −22 points, p < 0,001), traduisant une amélioration de la tolérance au traitement, tandis qu’une aggravation a été constatée dans le groupe non-ETP (moyenne ΔGTI : +12 points p = 0,008). Les principaux domaines GTI ayant contribué à l’amélioration du score dans le groupe ETP étaient la pression artérielle (réduction des chiffres d’HTA), la tolérance au glucose (moins d’hyperglycémies), le métabolisme lipidique (baisse de la dyslipidémie) et la fréquence des infections. La satisfaction des patients ayant bénéficié du programme était élevée : 86 % ont estimé que les informations étaient claires et 93 % ont déclaré avoir mieux compris les enjeux de la corticothérapie et les mesures de prévention.
Conclusion |
Ce travail met en évidence l’impact positif d’un programme structuré d’éducation thérapeutique ciblant la gestion de corticothérapie chez des patients atteints de PR. L’ETP a permis non seulement de réduire la toxicité associée aux corticoïdes, objectivée par l’amélioration du score GTI à 3 mois, mais aussi d’accroître la satisfaction et l’implication des patients dans leur traitement. Ces résultats soulignent l’importance d’intégrer l’ETP comme composante essentielle du suivi des patients sous corticoïdes, particulièrement dans les contextes où l’automédication et le mésusage sont fréquents.
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Vol 92 - N° S1
P. A85-A86 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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