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Comparaison des polyarthrites et des pseudopolyarthrites rhizoméliques survenant sous inhibiteur de point de contrôle immunitaire : une étude observationnelle de cohorte - 02/12/25

Doi : 10.1016/j.rhum.2025.10.410 
A. Tison 1, , D. Jannat Khah 2, L.C. Cappelli 3, M.E. Suarez-Almazor 4, N. Abdel-Wahab 4, P. Reid 5, J. Sparks 6, T.J. Braaten 7, A. Meara 8, C. Calabrese 9, T.R. Katsumoto 10, N. Ghosh 2, K. Ge 2, A. Saraux 1, V. Devauchelle-Pensec 1, A.A. Shah 3, C. Bingham 3, A.R. Bass 2
1 Service de rhumatologie, CHU la Cavale-Blanche, Brest 
2 Department of Medicine, Division of rheumatology, Hospital for Special Surgery, New York, NY, États-Unis 
3 Department of Medicine, Division of rheumatology, John Hopkins University School of Medicine, Baltimore, MD, États-Unis 
4 Section of Rheumatology & Clinical Immunology, University of Texas MD Anderson Cancer Center, Houston, TX, États-Unis 
5 Department of Medicine, Section of Rheumatology, University of Chicago, Chicago, IL, États-Unis 
6 Division of Rheumatology, Inflammation, and Immunity, Brigham Women's Hospital and Harvard Medical School, Boston, MA, États-Unis 
7 University of Utah, University of Utah, Salt Lake City, UT, États-Unis 
8 Department of Internal Medicine, Division of Oncology and Hematology, The Ohio State University Comprehensive Cancer Center, Columbus, OH, États-Unis 
9 Department of Rheumatologic and Immunologic Disease, Cleveland Clinic Foundation, Cleveland, OH, États-Unis 
10 Department of Medicine-Immunology & Rheumatology, Stanford University, Palo Alto, CA, États-Unis 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

Les arthrites immuno-induites surviennent chez 4 à 7 % des patients traités par inhibiteur de point de contrôle immunitaire (ICI), et ont été jusqu’à maintenant classées en deux principaux phénotypes : l’un ressemblant à la polyarthrite rhumatoïde (ou PR like ), et l’autre ressemblant à la pseudopolyarthrite rhizomélique (ou PPR like ). Cependant, la question de savoir si ces deux phénotypes font partie d’un même continuum de toxicité ou bien s’ils doivent être distingués dans les critères de classification ou dans les futurs essais cliniques fait débat. Notre objectif était de comparer les caractéristiques cliniques, le traitement immunosuppresseur et la survie anti-tumorale chez les ICI-PR et les ICI-PPR.

Patients et méthodes

Les données ont été extraites le 17/04/2025 d’un registre prospectif multicentrique de patients présentant une ICI-PR ou une ICI-PPR. Les patients porteurs d’un rhumatisme inflammatoire préexistant à l’introduction de l’ICI ont été exclus. Une régression logistique multiple à été utilisée pour comparer l’emploi de DMARDs immunosuppresseurs entre les groupes (méthotrexate, leflunomide et/ou DMARD biologique ou synthétique ciblé [b/tsDMARD]). Des courbes de Kaplan-Meier ont été construites pour comparer le temps avant d’obtenir une dose d’équivalent prednisone à i.10 mg/j et ii.5 mg/j à partir de la visite d’inclusion dans le registre. Des modèles de risques proportionnels de Cox ont été utilisés pour comparer la survie sans progression entre les groupes (définie par le temps avant première progression ou décès depuis l’apparition de la PR/PPR immuno-induite). Les PPR-ICI ont aussi été comparées à une cohorte indépendante de PPR de novo, à l’aide de statistiques descriptives.

Résultats

Au total, 490 patients ont été inclus, 418 avec une ICI-PR et 72 avec une ICI-PPR. Comparé aux patients avec ICI-PR, les patients avec ICI-PPR étaient plus âgés (70 versus 63 ans, p < 0,001), étaient préferentiellement des hommes (61 % versus 48 %, p = 0,034), avaient des symptômes de survenue plus précoce par rapport à l’initiation de l’ICI (87 versus 125 jours, p = 0,011), et avaient moins d’arthrites périphériques (15 % versus 72 %, p < 0,001) ( Tableau 1 ). Le délai avant d’obtenir une dose d’équivalent prednisone à 10 et 5 mg/j était comparable entre les groupes ( Fig. 1 A et B). Les patients avec une ICI-PR étaient plus susceptibles de recevoir un DMARD immunosuppresseur que les ICI-PPR (OR : 3,51 [IC95 % : 1,50–8,21], p = 0,004) après ajustement sur le grade de sévérité, le type et le stade du cancer, le centre investigateur, le type de traitement par ICI et l’âge. La survie sans progression était comparable entre les groupes ( Fig. 2 ). Comparé aux PPR de novo (64 % de femmes), le sex-ratio était inversé pour les ICI-PPR (61 % d’hommes), et le pourcentage d’arthrites périphériques (hors épaules et hanches) était similaire (15 % dans les deux cohortes), intéressant principalement les mains et les MCP.

Discussion

Les patients avec une ICI-PR étaient plus susceptibles de recevoir des DMARDs immunosuppresseurs que les ICI-PPR, néanmoins la survie était comparable entre les deux groupes.

Conclusion

Le phénotype clinique dès la première consultation en rhumatologie (ICI-PR versus ICI-PPR) peut aider à prédire la nécessité d’un traitement immunosuppresseur, ce qui pourrait inciter à une prescription plus précoce de DMARD en cas d’ICI-PR et ainsi limiter l’exposition aux corticoïdes. Les futurs essais cliniques devraient stratifier sur le phénotype compte tenu des différences en termes de besoin en immunosuppresseur.

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