Une analyse en cluster identifie des atteintes articulaires spécifiquement associées à l’emploi de DMARD et à la survie du cancer au sein des arthrites et pseudopolyarthrites rhizoméliques immuno-induites sous inhibiteur de point de contrôle immunitaire - 02/12/25
, L.C. Cappelli 2, P. Reid 3, M.E. Suarez-Almazor 4, N. Abdel-Wahab 4, J. Sparks 5, T.J. Braaten 6, A. Meara 7, C. Calabrese 8, T.R. Katsumoto 9, N. Ghosh 10, K. Ge 10, A.A. Shah 2, C. Bingham 2, A.R. Bass 10, D. Jannat Khah 10Résumé |
Introduction |
Les arthrites induites par les inhibiteurs de point de contrôle immunitaire (ICI) surviennent chez 4 à 7 % des patients traités, avec des manifestations hétérogènes. Notre objectif était d’identifier des sous-phénotypes cliniques et d’étudier leur association à l’utilisation de DMARDs et à la survie du cancer.
Patients et méthodes |
Les données ont été extraites le 17/04/2025 d’un registre prospectif multicentrique de patients présentant une polyarthrite (ICI-PR) ou une pseudopolyarthrite rhizomélique immuno-induite sous ICI (ICI-PPR). Deux méthodes de clustering non supervisés ont été utilisées pour grouper les patients, à partir de variables cliniques définissant l’atteinte articulaire lors de la première consultation rhumatologique. D’abord, une analyse de correspondances multiples (MCA) a été utilisée pour identifier les variables les plus fortement impliquées dans la définition des clusters. Séparément, une analyse de classes latentes (LCA) a été utilisée pour grouper les patients à partir des mêmes variables. Les classes obtenues avec la LCA ont été comparées à l’aide de statistiques descriptives. Une régression logistique multiple a été utilisée pour comparer l’utilisation de DMARDs entre les classes. Des courbes de Kaplan-Meier et des modèles de risques proportionnels de Cox ont été utilisés pour comparer la survie sans progression (PFS) entre les classes (temps avant première progression ou décès depuis l’apparition de la PR/PPR immuno-induite). Une analyse de sensibilité a été réalisée dans le sous-groupe des patients atteints de mélanome.
Résultats |
Au total, 467 patients ont été inclus. Trois clusters ont été identifiés à partir de la MCA, puis des classes similaires ont été identifiées avec la LCA : 268 (57 %) patients dans la classe 1, 99 (21 %) dans la classe 2, et 100 (21 %) dans la classe 3. Les patients de la classe 1 avaient une tendance prédominante à l’absence d’articulation gonflée, tandis que les patients de la classe 2 étaient définis par des gonflements des articulations des mains et des poignets en plus grand nombre par rapport à la classe 1 (100 versus 34 % et 72 % versus 20 % respectivement) ( Tableau 1 et Fig. 1 ). Les patients de la classe 3 étaient caractérisés par une atteinte des chevilles et des pieds (gonflés chez 82 % et 57 % des patients respectivement) quasiment absente dans les classes 2 et 1. La plupart des patients de la classe 3 (« cheville/pied ») présentait également des gonflements des autres sites articulaires (mains, poignets, genoux). Les DMARDs immunosuppresseurs étaient plus communément prescrits chez les patients de la classe 3 (« cheville/pied ») que chez les patients de la classe 1 (« absence d’articulation gonflée ») (OR : 3,59 [IC95 % : 1,60–8,08], p = 0,002). Concernant la PFS, le test global du log rank entre les 3 classes n’était pas significatif ( p = 0,0807) ( Fig. 2 ). Le modèle de risques proportionnels de Cox a montré une PFS moins bonne pour la classe 2 (« main/poignet ») comparé à la classe 1 (« absence d’articulation gonflée ») (aHR : 1,55 [IC95 % : 1,00–2,40] p = 0,049), confirmé dans le sous-groupe des patients atteints de mélanome (aHR : 3,06 [IC95 % : 1,33–7,08] p = 0,009), sans signal négatif de survie chez les patients de la classe 3 (« cheville/pied »).
Conclusion |
Les PR/PPR immuno-induites sous ICI avec gonflement des chevilles et des pieds étaient plus susceptibles de recevoir des DMARDs, sans signal négatif sur la survie anti-tumorale dans cette classe, tandis que les patients avec gonflement prédominant des mains/poignets avaient une survie moins bonne. Des analyses d’imagerie et de biomarqueurs sont nécessaires pour mieux caractériser ces phénotypes.
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Vol 92 - N° S1
P. A93-A94 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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