L’activation de la voie moléculaire de la fibrose est une caractéristique de la scléromyosite par rapport aux sous-groupes ACR/EULAR de myosite - 02/12/25
, G. Quring 2, B. Ellezam 3, Y. Troyanov 4, L. Debrut 5, V. Gilbart 6, B. Geny 7, G. Laverny 8, M. Hudson 9, O. Landon-Cardinal 10, A. Meyer 11Résumé |
Introduction |
Les critères de classification ACR/EULAR actuels reconnaissent quatre sous-groupes de myopathies inflammatoires (MI) : la dermatomyosite (DM), la myopathie nécrosante auto-immune (IMNM), la myosite à inclusions (IBM) et le syndrome des antisynthétases (ASyS) [1, 2] . Nous et d’autres auteurs avons identifié un cinquième sous-groupe qui se distinguent des 4 autres groupes par des manifestations sclérodermiformes (sans remplir les critères ACR/EULAR 2013 de cette maladie), des anticorps de chevauchements (le plus fréquemment anti-PM/Scl, -U1-RNP et -Ku) et une capillaropathie musculaire.
Ces patients sont le plus souvent classés comme IMNM ou ASyS séronégatifs par les critères ACR/EULAR de myosite. Nous avons testé l’hypothèse selon laquelle ce sous-groupe, que nous proposons d’appeler « scléromyosite » (SM), se distingue également des autres sous-groupes de MI par une signature transcriptomique musculaire spécifique.
Patients et méthodes |
Dans le cadre d’une cohorte bicentrique (Strasbourg–Montréal), cinquante-quatre patients atteints de MI n’ayant pas reçu d’immunomodulateurs au moment du diagnostic ont été inclus (SM = 23, DM = 10, IMNM = 8, ASyS = 9, IBM = 4), ainsi que sept témoins sans maladies neuromusculaires (ctrl). Les données clinico-séro-pathologiques ont été recueillies au diagnostic et lors du dernier suivi. Un séquençage transcriptomique a été réalisé à partir de l’ARN total extrait des biopsies musculaires au diagnostic, et une analyse des voies moléculaires a été effectuée sur les gènes différentiellement exprimés (|logFC| > 0,5 ; p ajustée < 0,05) à l’aide du logiciel WebGestalt 2024.
Résultats |
Les sujets inclus étaient comparables en termes d’âge au diagnostic, sexe ratio, type de muscle biopsié et provenance des échantillons ( p > 0,05).
Par rapport aux autres sous-groupes de MI, la SM se distinguait par une plus grande fréquence de sclérodactilie (62 %, p < 0,0001), syndrome de Raynaud (61 %, p = 0,002), sclérose cutanée limitée (57 %, p = 0,0006), télangiectasies (52 %, p = 0,003), pneumopathie interstitielle (47,6 %, p = 0,03), doigts boudinées (38 %, p = 0,02) et arthrite (38 %, p = 0,07).
La cohorte de patients atteints de SM couvrait l’ensemble du spectre de la maladie, incluant 4 patients anti-PM/Scl+, 5 anti-U1-RNP+, 4 anti-Ku+, 2 anti-RNA Pol III+, 1 anti-NVL+, 1 anti-Scl70+, 1 anti-RuVBL1/2+ et 5 patients séronégatifs.
Deux cent trente-neuf gènes étaient spécifiquement dérégulés dans le muscle des patients atteints de SM par rapport aux ctrl et aux 4 autres sous-groupes de MI (168 régulés à la hausse, 71 à la baisse) ( Fig. 1 a). Ces gènes sont associés aux voies moléculaires de formation du collagène et de remodelage de la matrice extracellulaire ( Fig. 1 b).
Discussion |
De façon concordante avec leurs caractéristiques cliniques, sérologiques et histopathologiques, les patients atteints de SM se distinguent des autres sous-groupes de MI par une augmentation de l’activation de la voie moléculaire de la fibrose dans le muscle.
Conclusion |
Ces données indiquent que la SM est une entité propre qui devrait être reconnue dans les prochains critères de classification de myosite et/ou de sclérodermie. L’activation de la fibrose musculaire pourrait constituer un biomarqueur facilitant le diagnostic et une cible thérapeutique.
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Vol 92 - N° S1
P. A99-A100 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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