Autisme et mélatonine : profils circadiens d’excrétion de mélatonine urinaire chez de jeunes enfants avec autisme et leurs implications cliniques - 06/03/26
, Eve Reynaud 4, Ludivine Robin-Choteau 2, Patrice Bourgin 1, 2, Carmen Schroder 3, 1, 2Résumé |
Objectif |
Les troubles du sommeil touchent 50 à 80 % des personnes autistes. Ils ont un impact majeur sur leur fonctionnement et leur qualité de vie et représentent un point crucial de leur prise en charge. Certaines études ont montré des taux de mélatonine abaissés chez les personnes autistes, d’autres ont souligné le bénéfice d’un traitement par mélatonine exogène chez de nombreux patients. Ces données restent néanmoins insuffisantes pour comprendre les mécanismes en jeu dans les troubles du sommeil chez les personnes autistes, notamment chez les enfants et chez les sujets présentant une déficience intellectuelle associée. Notre étude a eu pour but d’explorer plus précisément les variations circadiennes de la sécrétion de mélatonine dans une cohorte de jeunes enfants avec autisme et de mettre ces résultats en lien avec leur sommeil, leur comportement, la qualité de vie et le sommeil de leurs parents.
Méthodes |
Les profils de sécrétion de mélatonine sur 24 h de 30 enfants autistes de 3 à 10 ans ont été déterminés grâce au dosage de son métabolite urinaire, la 6 sulfatoxymélatonine (6SM), sur 5 périodes lors d’une hospitalisation de 24 h : 8h–11 h ; 11h–14 h, 14h–17 h, 17h–20 h, 20h–8 h. Les caractéristiques du sommeil des enfants ont été évaluées via le Children Sleep Habit Questionnaire (CSHQ) et leur comportement par l’ Aberrant Behavior Checklist (ABC). Une actimétrie de 2 semaines était réalisée en amont de l’hospitalisation. Le sommeil et la qualité de vie des parents ont également été mesurés.
Résultats |
Cinq profils d’excrétion de 6SM ont été décrit dans notre cohorte : normal, biphasique, inversé, 6SM haute à 8-11 h, 6SM haute à 11–14 h ( Fig. 1 ). Ces deux derniers profils concernaient respectivement 73,3 % et 43,3 % des enfants et étaient associés à des indicateurs actimétriques de phase de sommeil plus tardive, à des sous-scores plus élevés de troubles du comportement, à un CHSQ presque systématiquement au-dessus du seuil pathologique, à une qualité de vie et à un sommeil maternel plus altéré.
Conclusion |
Notre étude est la première décrire les profils d’excrétion de 6SM sur 24 h de jeunes enfants avec autisme. Ces résultats apportent un éclairage déterminant pour un traitement plus ciblé et personnalisé des troubles du sommeil dans cette population.
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Vol 23 - N° 1
P. 100 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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