Somnolence diurne chez les patients épileptiques : rôle potentiel du SAHOS - 06/03/26
, Samira Sekkal, Latifa Henaoui, Souad Benabadji, Habib KiesRésumé |
Objectif |
La somnolence diurne excessive (SDE) représente l’une des plaintes les plus fréquentes chez les patients épileptiques, impactant leur vigilance, leurs performances cognitives et leur qualité de vie. Si elle est souvent attribuée aux crises elles-mêmes ou aux effets des antiépileptiques, d’autres mécanismes peuvent intervenir. Le SAHOS, par ses désaturations et micro-éveils répétés, constitue un facteur potentiel majeur de SDE dans cette population particulière. L’objectif de notre étude est d’évaluer la contribution du SAHOS à la SDE chez les patients épileptiques adultes dans la wilaya de Tlemcen (Algérie).
Méthodes |
Nous avons réalisé une étude transversale descriptive portant sur 169 patients épileptiques adultes suivis au service de neurologie du CHU de Tlemcen. Le dépistage du SAHOS a été initialement effectué à l’aide du questionnaire de Berlin, puis confirmé par une polygraphie ventilatoire. La somnolence diurne a été quantifiée par l’échelle d’Epworth (ESS). Les données ont été exploitées par le logiciel SPSS, avec un seuil de significativité statistique fixé à p < 0,05.
Résultats |
L’âge moyen des patients inclus était de 42,24 ± 15,32 ans, avec une prédominance féminine. La majorité présentait des crises généralisées. Le dépistage par le questionnaire de Berlin a identifié 33 % de sujets à risque élevé de SAHOS, confirmé par polygraphie ventilatoire chez 42/169 patients (24,7 %). L’échelle d’Epworth a révélé une somnolence diurne pathologique (ESS > 11) chez 47,6 % des patients SAHOS+. Le score moyen ESS était significativement plus élevé dans le groupe SAHOS+ (10,79 ± 5,3) comparativement au groupe SAHOS– (7,51 ± 3,91) ; avec p < 0,0001. Une corrélation positive et hautement significative a été révélée entre les scores ESS et les index polygraphiques : IAH ( r = 0,346 ; p = 0,0001), IDO ( r = 0,344 ; p = 0,0001) et index de micro-éveils ( r = 0,197 ; p = 0,01).
Conclusion |
Dans notre étude, un lien significatif a été démontré entre la présence d’un SAHOS et la sévérité de la somnolence diurne excessive. Ce résultat suggère que la SDE pourrait constituer un indicateur clinique pertinent du SAHOS chez l’épileptique adulte, justifiant ainsi un dépistage systématique pour une meilleur prise en charge thérapeutique.
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Vol 23 - N° 1
P. 114 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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