Instabilité de la plaque d’athérome carotidienne : un potentiel rôle du SAOS ? - 06/03/26
, Vincent Pialoux 1, Emeric Stauffer 2, 3, Antoine Millon 4, 1, Amandine Thomas-Zanetti 1Résumé |
Objectif |
L’athérosclérose est une maladie inflammatoire chronique et systémique qui se développe lentement, caractérisée par la présence de plaques d’athérome dans plusieurs lits vasculaires. Elle est considérée comme la principale cause de maladies cardiovasculaires dans le monde. La rupture de la plaque d’athérome carotidienne constitue la principale cause d’accident vasculaire cérébral ischémique (AVCi) et peut être prédite par l’instabilité de la plaque. L’hémorragie intraplaque (HIP) en est le principal facteur d’instabilité, favorisée par un environnement hypoxique et pro-inflammatoire. Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) est fortement associé aux pathologies cardiovasculaires et favorise l’apparition des lésions d’athérosclérose. Il constitue un facteur de risque indépendant d’AVCi. Cependant, il reste sous diagnostiqué chez les patients porteurs d’une plaque d’athérome carotidienne, et son potentiel rôle dans l’instabilité de la plaque demeure mal connu. L’objectif de cette étude est d’évaluer la prévalence du SAOS chez les patients porteurs d’une plaque d’athérome carotidienne et de déterminer si le SAOS favorise l’apparition de l’HIP.
Méthodes |
Le risque de SAOS a été évalué à l’aide du questionnaire STOP BANG (SB) chez 164 patients ayant bénéficié d’une endartériectomie carotidienne. Le chirurgien propose d’effectuer une polysomnographie (PSG) à tous les patients présentant un score ≥ 3. Les plaques carotidiennes sont incluses en paraffine et les coupes histologiques sont colorées au bleu de Perls pour évaluer la présence d’HIP.
Résultats |
Les résultats du questionnaire SB montrent que 89 % de notre cohorte présente, a minima, un risque intermédiaire de SAOS et devrait bénéficier d’une PSG. À ce jour, le statut apnéique de 86 patients est connu : 70 % d’entre eux présentent un SAOS nécessitant un traitement. Ces patients ont significativement plus d’HIP que les patients sans SAOS ( p = 0,022).
Conclusion |
En conclusion, nous démontrons que la prévalence du SAOS est élevée, mais aussi largement sous diagnostiquée dans notre population, tout en mettant en évidence un potentiel rôle du SAOS dans le développement de l’HIP. Plusieurs expérimentations sont en cours afin d’évaluer la prévalence réelle du SAOS, en augmentant le nombre de PSG effectuées et pour confirmer le lien entre SAOS et HIP.
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Vol 23 - N° 1
P. 116 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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