L’ouverture buccale induite par l’effort respiratoire provoque des fuites non intentionnelles chez les patients sous PPC atteints de SAOS - 06/03/26
, Nhat-Nam Le-Dong 2, Didier Clause 1, Atul Malhotra 3, Jean-Louis Pépin 4Résumé |
Objectif |
Évaluer dans quelle mesure l’ouverture buccale déclenchée par l’effort respiratoire contribue à la survenue de fuites d’air non intentionnelles chez les patients atteints de syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) traités par pression positive continue (PPC).
Méthodes |
Une polysomnographie avec enregistrement simultané des mouvements mandibulaires (MJM) (Sunrise, Belgique) et du débit de fuite a été réalisée chez 200 patients atteints de SAOS traités par PPC dont l’ étanchéité de l’ interface était acquise. L’analyse principale a porté sur 1494 séquences de données, classées en trois catégories : absence de fuite (groupe témoin), fuites buccales intermittentes séquentielles (groupe A) et fuite buccale continue isolée (groupe B) ( Fig. 1 ).
Résultats |
Les analyses de régression ont montré que la présence de fuites était associée à une fragmentation accrue du sommeil et à une augmentation des événements obstructifs. Chaque augmentation d’un écart-type du nombre d’épisodes de fuite s’accompagnait d’une hausse de 38,4 % (IC : 34,5 à 42,3) du taux de micro-éveils et de 34 % (IC : 27,4 à 40,5) du taux d’événements obstructifs. Une réduction de la proportion de sommeil N3 (−3,1 à −6,3 %) était également observée durant les périodes de fuite. De plus, par rapport aux séquences témoins, la présence de fuites non intentionnelles s’accompagnait d’un effort respiratoire accru et d’une ouverture buccale plus importante, quantifiée par l’amplitude du signal MJM. Enfin, les tests de causalité de Granger bidirectionnels ont montré que, dans la majorité des séquences (93,6 % dans le groupe A et 91,5 % dans le groupe B), la variabilité de l’amplitude d’ouverture buccale précédait et prédisait efficacement les fluctuations ultérieures du débit de fuite. Cette relation causale n’était pas retrouvée dans le groupe témoin.
Conclusion |
L’ouverture buccale induite par l’effort respiratoire résiduel constitue un déterminant majeur des fuites d’air non intentionnelles chez les patients atteints de SAOS traités par PPC. Ces résultats mettent en évidence l’intérêt clinique d’associer l’enregistrement des MJM au monitorage des fuites, afin d’en préciser l’origine, d’orienter des interventions ciblées pour les réduire et, in fine, d’améliorer significativement l’observance ainsi que l’efficacité du traitement.
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Vol 23 - N° 1
P. 116-117 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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