Syndrome d’obésité-hypoventilation : influence de l’asthme sur le phénotype clinique et polysomnographique - 06/03/26
Résumé |
Objectif |
Le syndrome d’obésité-hypoventilation (SOH) est souvent associé à diverses comorbidités respiratoires, dont l’asthme. La coexistence de l’asthme pourrait influencer la sévérité du SOH. Le but de l’étude vise à comparer les caractéristiques démographiques, cliniques, polysomnographiques et biologiques des patients SOH+ selon leur statut asthmatique, afin d’identifier d’éventuels profils distincts et implications pour la prise en charge.
Méthodes |
Cette analyse rétrospective a porté sur 112 patients adultes souffrant de SOH (SOH = 1), issus d’une base de données cliniques. Les patients ont été divisés en deux groupes : SOH+ asthmatiques et SOH+ non asthmatiques. Les variables analysées incluaient l’âge, le sexe, l’IMC, l’indice d’apnées-hypopnées (IAH), la saturation nocturne moyenne, les comorbidités (diabète, HTA, cardiopathie, BPCO), et des paramètres biologiques (CRP, HbA1c). Les comparaisons ont été réalisées à l’aide de tests statistiques descriptifs, du Chi 2 pour les variables catégorielles et du test t de Student pour les variables continues.
Résultats |
Sur les 112 patients SOH+, 17 (15,2 %) étaient asthmatiques et 95 (84,8 %) ne l’étaient pas. L’âge moyen était similaire entre les groupes (asthmatiques : 58,2 ans vs non asthmatiques : 56,8 ans), de même que la répartition par sexe et l’IMC moyen (≈ 45 kg/m 2 ). L’analyse a révélé que les patients SOH+ asthmatiques présentaient un IAH significativement plus élevé (28,4/h vs 24,7/h ; p = 0,04) et un taux de CRP moyen plus élevé (12,4 mg/L vs 8,7 mg/L ; p = 0,02), indiquant une sévérité accrue des troubles respiratoires du sommeil et un état inflammatoire systémique plus marqué. Aucune différence significative n’a été observée concernant la saturation nocturne moyenne, la prévalence du diabète, de l’HTA, de la cardiopathie ou de la BPCO.
Conclusion |
Cette étude met en évidence que les patients souffrant à la fois de SOH et d’asthme présentent un profil de sévérité accru, caractérisé par un indice d’apnées-hypopnées plus élevé et une inflammation systémique plus importante. Ces résultats suggèrent que la présence d’un asthme concomitant pourrait aggraver le tableau du SOH, justifiant une vigilance et une prise en charge thérapeutique renforcées chez ces patients. Une optimisation du contrôle de l’asthme pourrait potentiellement contribuer à une meilleure gestion du SOH.
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Vol 23 - N° 1
P. 119 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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