Insomnie et coopération spirométrique dans les maladies respiratoires chroniques - 06/03/26
, Khouloud Kchaou, Soumaya Khaldi, Saba Boubakri, Saloua Ben Khamsa JameleddineRésumé |
Objectif |
La fiabilité des résultats spirométriques repose en grande partie sur la coopération du patient, évaluée à travers des critères d’acceptabilité bien codifiés. Toutefois, plusieurs déterminants psychologiques et comportementaux peuvent interférer avec la qualité des manœuvres spirométriques. L’insomnie, trouble du sommeil fréquent chez les patients atteints de maladies respiratoires chroniques, pourrait altérer la vigilance, l’effort et la concentration nécessaires à la réalisation correcte du test. L’objectif de ce travail était d’explorer l’association de l’insomnie avec la coopération spirométrique.
Méthodes |
Nous avons mené une étude transversale entre février et juillet 2024, incluant des patients adultes atteints de maladies respiratoires chroniques adressées pour une première spirométrie. L’insomnie a été identifiée par l’indice de sévérité de l’insomnie, un score > 7 définissant sa présence. La coopération a été appréciée lors de la première manœuvre spirométrique selon les critères d’acceptabilité de l’American Thoracic Society/European Respiratory Society (ATS/ERS, 2019) : départ rapide de l’expiration forcée, effort maximal, présence d’un plateau expiratoire, absence de toux ou de fermeture glottique, et régularité du débit expiratoire.
Résultats |
Au total, 187 patients ont été inclus (âge moyen 53,6 ± 13,8 ans ; 59,4 % de femmes). Les principales pathologies respiratoires étaient l’asthme (42,2 %), la bronchopneumopathie chronique obstructive (26,7 %), le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (10,2 %) et les pneumopathies interstitielles diffuses (7 %). L’insomnie concernait 16 % de la population étudiée. Les critères d’acceptabilité étaient en majorité respectés et similaires entre les patients avec et sans insomnie : bon départ de l’expiration (90 % vs 88,5 % ; p = 0,816), effort optimal (90 % vs 89,8 % ; p = 0,975), présence d’un plateau expiratoire (63,3 % vs 71,3 % ; p = 0,380) ; absence de toux ou de fermeture glottique (96,7 % vs 97,5 % ; p = 0,807), absence de variations de débit (90 % vs 88,5 % ; p = 0,816).
Conclusion |
Nos résultats ont montré que les critères d’acceptabilité étaient majoritairement respectés, tant chez les patients présentant une insomnie que chez ceux sans insomnie, suggérant que ce trouble du sommeil ne constitue pas un facteur limitant majeur pour l’interprétation spirométrique.
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Vol 23 - N° 1
P. 123-124 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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