Identification de facteurs de risque pour le dépistage du SAOS chez les patients adultes atteints de trisomie 21 - 06/03/26
, Jean-Louis Pépin 3, Bénédicte De Freminville 2, Patricia Franco 1, Damien Sanlaville 1, Isabelle Court-Fortune 2, Romain Ceresetti 2, Frédéric Roche 2, Renaud Touraine 2Résumé |
Objectif |
Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) est hautement prévalent chez les adultes porteurs de trisomie 21 (T21), avec un risque accru de complications cardiovasculaires et cognitives. Malgré des recommandations pédiatriques, il n’existe pas de stratégie claire de dépistage chez l’adulte. L’objectif de cette étude est d’identifier des caractéristiques cliniques et cognitives prédictives de SAOS afin d’optimiser le recours à la polysomnographie (PSG).
Méthodes |
Une étude de cohorte rétrospective a inclus 49 adultes atteints de T21, âgés de 15 à 55 ans, suivis dans trois centres hospitaliers universitaires (2010–2015). Chaque patient a bénéficié d’une PSG, d’une évaluation clinique, d’un questionnaire du sommeil (SDSC) et d’une évaluation cognitive (matrices colorées de Raven). Le SAOS était défini par un index d’apnées-hypopnées (IAH) ≥ 5/h. Des analyses statistiques (ANOVA, régression multiple) ont exploré les associations entre caractéristiques cliniques, scores cognitifs et SAOS.
Résultats |
Un SAOS a été diagnostiqué chez 61,2 % des patients, dont 31,6 % avec une forme modérée à sévère. L’âge moyen était significativement plus élevé chez les patients avec SAOS (34,2 vs 24,7 ans ; p = 0,0011). L’IMC et les antécédents ORL n’étaient pas associés au SAOS. L’item « somnolence diurne excessive » du SDSC montrait une tendance positive mais non significative. Les patients avec SAOS présentaient paradoxalement de meilleurs scores cognitifs aux matrices de Raven, probablement en lien avec un biais d’âge. La régression multiple identifiait l’âge, le temps de sommeil et le pourcentage de sommeil N1 comme variables prédictives de SAOS. En excluant les données PSG, l’âge et la somnolence diurne restaient significativement associés.
Conclusion |
Le SAOS est fréquent et souvent sévère chez l’adulte T21. Cette étude suggère que l’âge et la somnolence diurne excessive sont des critères cliniques pertinents pour orienter le dépistage. La polysomnographie demeure indispensable pour le diagnostic, mais ces résultats ouvrent la voie à l’élaboration d’outils de dépistage simplifiés, afin de limiter le sous-diagnostic et prévenir les complications cardiovasculaires et cognitives dans cette population.
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Vol 23 - N° 1
P. 123 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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