Caractéristiques cliniques et polygraphiques des patients porteurs de SAOS avec comorbidités cardiovasculaires : expérience d’une cohorte tunisienne - 06/03/26
, Rania Debbiche, Hela Cherif, Safe Tekiki, Salma Mokaddem, Mohamed Ridha CharfiRésumé |
Objectif |
Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) est reconnu pour son rôle dans la survenue et l’aggravation des comorbidités cardiovasculaires. L’objectif de ce travail est de comparer les caractéristiques cliniques et polygraphiques des patients porteurs de SAOS selon la présence ou non de comorbidités cardiovasculaires.
Méthodes |
Étude rétrospective menée au service de pneumologie de l’hôpital des FSI, incluant 450 patients suivis pour un SAOS confirmé par polygraphie ventilatoire. Les comorbidités cardiovasculaires ont été extraites des dossiers médicaux. Les patients ont été répartis en deux groupes : G1 = SAOS avec au moins une comorbidité cardiovasculaire ; G2 = SAOS sans comorbidité cardiovasculaire.
Résultats |
Parmi les 450 patients inclus, 284 (63,1 %) présentaient au moins une comorbidité cardiovasculaire (134 femmes et 150 hommes). Les principales comorbidités étaient l’hypertension artérielle (54,4 %) et la coronaropathie (10,7 %). Les patients de G1 étaient plus âgés (58 ± 10 vs 48 ± 11 ans ; p < 0,001). Les scores STOP-BANG (5,25 ± 1,56 vs 4,45 ± 1,45 ; p < 0,001) et Berlin (2,41 ± 0,77 vs 1,95 ± 0,66 ; p < 0,001) étaient significativement plus élevés dans G1. En revanche, l’index d’apnées-hypopnées, l’index de désaturation, l’index de ronflement et la SpO 2 moyenne étaient comparables entre les deux groupes. Le ronflement (91,9 % vs 97,6 % ; p = 0,014) et les apnées nocturnes rapportées (47,9 % vs 58,4 % ; p = 0,031) étaient plus fréquemment décrits par les patients de G2. La nycturie était significativement plus fréquente dans G1 (82,4 % vs 72,3 % ; p = 0,012). Le SAOS sévère était plus fréquent dans G1 (47,9 % vs 42,8 %), sans différence statistiquement significative ( p = 0,29).
Conclusion |
Dans notre cohorte, les patients porteurs de SAOS et de comorbidités cardiovasculaires présentaient un profil clinique distinct, avec un âge plus avancé, des scores de dépistage (STOP-BANG, Berlin) plus élevés et une fréquence accrue de nycturie. La sévérité polygraphique du SAOS n’était pas significativement différente entre les groupes. Ces résultats confirment l’importance du dépistage et de la prise en charge intégrée des comorbidités cardiovasculaires chez les patients atteints de SAOS.
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Vol 23 - N° 1
P. 126 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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