Profil cardiovasculaire des patients atteints de syndrome d’apnée obstructive du sommeil : expérience sénégalaise - 06/03/26
Résumé |
Objectif |
Le syndrome d’apnée du sommeil (SAS) est un trouble respiratoire nocturne caractérisé par des épisodes répétés de collapsus partiel ou complet des voies aériennes supérieures. Il constitue un véritable problème de santé publique en raison de sa forte prévalence et de la morbi-mortalité cardiométabolique qui y est associée. Dans ce contexte, nous avons mené une étude au laboratoire du sommeil SAKINA visant à déterminer la prévalence et le profil des facteurs de risque et maladies cardiovasculaires chez les patients atteints de SAS.
Méthodes |
Il s’agit d’une étude descriptive, analytique et rétrospective portant sur 122 patients suivis en cardiologie à la clinique SAKINA, tous diagnostiqués avec un SAS et évalués par polygraphie respiratoire. Seuls les dossiers médicaux complets et exploitables ont été inclus. L’âge moyen était de 55,12 ± 15,78 ans (médiane : 53 ans ; extrêmes : 17–90 ans), avec une légère prédominance féminine (rapport H/F = 0,768). La tranche d’âge la plus représentée était celle des 51–75 ans. Les prévalences des facteurs de risque et maladies cardiovasculaires étaient : hypertension artérielle 58 %, cardiopathies 31 %, obésité 26 %, dyslipidémie 25 %, diabète 16 %, accident vasculaire cérébral 7 %, insuffisance rénale chronique 2 %. Le principal symptôme retrouvé était le ronflement (68 %). Selon les résultats de la polygraphie, 16 % des patients présentaient un SAS léger, 35 % modéré et 49 % sévère. Une prise en charge thérapeutique combinée — symptomatique, spécifique et ciblant les facteurs de risque cardiovasculaire — a été instaurée. L’évolution a été favorable chez la majorité, avec une réduction de plus de 50 % de l’indice d’apnées-hypopnées (IAH) ; un seul décès a été rapporté. Quelques patients ont présenté des effets secondaires mineurs, une mauvaise tolérance ou une non-observance.
Résultats |
Des associations significatives avec le SAS ont été retrouvées pour l’hypertension artérielle ( p = 0,012), la dyslipidémie ( p = 0,027), la coronaropathie ( p = 0,029), les valvulopathies ( p = 0,018) et les troubles de la conduction ( p = 0,024). Une forte corrélation a été mise en évidence entre l’âge et l’IAH ( p < 0,001), ainsi qu’entre l’index obstructif et l’hypertension artérielle ( p = 0,033). En revanche, les corrélations entre l’âge et la saturation moyenne en oxygène, ainsi qu’entre l’IMC et l’insuffisance rénale chronique, n’étaient pas statistiquement significatives ( p = 0,063).
Conclusion |
Le SAS exerce une influence marquée sur la santé cardiovasculaire. Il est reconnu comme un facteur de risque indépendant, additif voire synergique de morbidité cardiovasculaire, soulignant l’importance du diagnostic précoce et d’une prise en charge adaptée des patients à risque.
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Vol 23 - N° 1
P. 128-129 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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