Impact du sexe sur les phénotypes de syndrome d’apnées du sommeil post-AVC : une étude de cohorte clinique - 06/03/26

Résumé |
Objectif |
Le syndrome d’apnées du sommeil (SAS) est une pathologie fréquente post-accident vasculaire cérébral (AVC), associée à un pronostic défavorable. Une meilleure caractérisation des profils à risque de SAS post-AVC représente un double enjeu diagnostique et thérapeutique. L’objectif de cette étude est d’évaluer l’impact du sexe sur les traits phénotypiques du SAS post-AVC.
Méthodes |
Analyse transversale d’une cohorte monocentrique prospective. Les patients ayant subi un premier AVC ischémique ou un accident ischémique transitoire (AIT) entre 2016 et 2024, ayant bénéficié d’une consultation sommeil et d’une polysomnographie dans les 12 mois suivant l’AVC/AIT ont été inclus dans l’analyse. Le diagnostic de SAS (SAS + ) était défini pour un indice d’apnée-hypopnée (IAH)≥ 15/h.
Résultats |
Un total de 471 patients ont été inclus (âge [Médiane[Q1–Q3]] = 60,0[52,0–70,0] ans, femmes [ n [ %]] = 145[30,8 %], National Institute of Health Stroke Scale = 2,0[0,0–5,0] ; AIT = 73[15,5 %])). Au total, 235 (49,0 %) des patients étaient SAS+, 52 (22 %) étaient des femmes. Comparativement aux hommes SAS + (H-SAS + ), les femmes SAS + (F-SAS + ) avaient un indice de masse corporelle significativement plus élevé (F-SAS + =28,4[25,8-32,9] vs H-SAS + =26,7[24,2-29,6] Kg/m 2 , p < 0,02), mais un tour de cou plus fin (36,0[35,0–39,0] vs. 40,5[39,0–43,0] cm, p < 0,02]). Les F-SAS+ avaient moins d’antécédent d’infarctus du myocarde (2 [3,8 %] vs, 20 [10,9 %], p < 0,02), sans différence sur les autres comorbidités cardiovasculaires. Absence de différence dans la présentation clinique de l’AVC et sur les symptômes liés au sommeil. La latence d’endormissement était plus longue chez les femmes (20,0[10,0–30,0] vs.15,0[5,0-30,0] min), sans différence sur la prévalence d’un index de séverité de l’insomnie > 15. La durée de sommeil était comparable, mais la proportion de N1 était significativement plus faible (9,0[6,0–14,4] vs.15,0[9,1–26,2] %TST, p < 0,02) et de N3 significativement plus élevée chez les F-SAS+ (15,6[8,7–21,9] vs. 5,2[0,0–10,3] %TST, p < 0,02), sans différence sur les paramètres de fragmentation. Le pourcentage d’évènements respiratoires centraux était significativement plus faible chez les femmes (7,1[2,9–20,7] vs. 14,7[4,9–49,0] %AHI, p < 0,02). Il n’y avait pas d’autre différence sur la polysomnographie.
Conclusion |
Les F-SAS+ présentent des spécificités phénotypiques et polysomnographiques, avec une durée de N3 préservée et un pourcentage d’apnées centrales plus faible, ouvrant la voie à des stratégies de dépistage et de prise en charge dédiées. L’impact des différences observées sur le pronostic des patients reste à évaluer.
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Vol 23 - N° 1
P. 129-130 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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