PPC et usage de psychotropes dans les troubles psychiatriques comorbides de SAHOS - 06/03/26
Résumé |
Objectif |
Le syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) est très fréquent chez les patients présentant des troubles psychiatriques et pourrait contribuer à une utilisation accrue de psychotropes. L’impact de l’observance à la pression positive continue (PPC) sur cette consommation médicamenteuse reste incertain.
Méthodes |
Nous avons mené une étude observationnelle longitudinale à partir du Système national des données de santé (SNDS) couplé à la cohorte régionale SAHOS des Pays de la Loire. Les adultes présentant des troubles psychiatriques et une indication de traitement par PPC entre 2015 et 2021 ont été inclus. L’observance à la PPC était définie par un usage moyen ≥ 4 heures par nuit. Le critère principal était la variation de l’utilisation des psychotropes (antipsychotiques, antidépresseurs, anxiolytiques, hypnotiques et thymorégulateurs) avant et après l’instauration de la PPC. Des modèles de régression de Poisson à effets mixtes ont été utilisés pour estimer les taux d’incidence (Incidence Risque Ratio : IRR), ajustés sur l’âge, le sexe, l’indice de masse corporelle, la somnolence, l’indice d’apnées-hypopnées et les données socio-professionnelles. Des termes d’interaction ont permis d’évaluer l’effet temporel de l’observance à la PPC.
Résultats |
Au total, 1745 patients (âge moyen 56 ans ; 61,7 % d’hommes) ont été inclus, dont 881 considérés comme observants au traitement par PPC. L’utilisation globale de psychotropes diminuait après l’instauration de la PPC pour tous les patients (IRR = 0,86 ; IC95 % : 0,83–0,89 ; p : 0,001), avec une baisse observée dans toutes les classes thérapeutiques, plus marquée pour les anxiolytiques benzodiazépines (IRR = 0,83) et non benzodiazépines (IRR = 0,77). Les modèles d’interaction temps-observance montraient une diminution plus marquée chez les patients observants (IRR = 0,83 ; IC95 % : 0,76–0,91 ; p : 0,001).
Conclusion |
Le traitement par PPC était associé à une réduction significative d’environ 14 % de la consommation de psychotropes chez les patients présentant un trouble psychiatrique comorbide au SAHOS. Cet effet était davantage marqué avec le temps chez les patients observants à la PPC avec une réduction totale de 17 %. Ces résultats soutiennent la promotion du traitement par PPC comme stratégie non pharmacologique visant à réduire la charge médicamenteuse dans cette population.
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Vol 23 - N° 1
P. 21 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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