Altérations morphologiques des fuseaux de sommeil dans l’hypersomnie idiopathique - 06/03/26
, Karine Lacourse 1, Helene Blais 1, Anne-Sophie Deshaies-Rugama 1, 3, Cynthia Thompson 1, Alex Desautels 1, 4, Jacques Montplaisir 1, 2, Milan Nigam 1, 4, Christophe Moderie 5, 6, Boshra Khajehpiri 1, Jean-Marc Lina 1, Julie Carrier 1, 3, Nadia Gosselin 1, 3Résumé |
Objectif |
L’hypersomnie idiopathique (HI) se manifeste par une somnolence diurne excessive persistante, malgré un sommeil nocturne prolongé et apparemment consolidé. Toutefois, des anomalies plus fines au niveau des fuseaux de sommeil pourrait expliquer le fait que leur sommeil n’est pas récupérateur. Cette étude vise à caractériser la morphologie des fuseaux chez les patients HI comparativement à des sujets sains et à examiner leurs associations avec des marqueurs objectifs et subjectifs de somnolence.
Méthodes |
Les enregistrements polysomnographiques de 62 patients HI (35,3 ± 10,5 ans ; 69 % femmes) et 85 témoins sains (35,7 ± 15,8 ans ; 54 % femmes) ont été analysés rétrospectivement. Le diagnostic d’HI reposait sur les critères ICSD-3-TR. L’échelle de somnolence d’Epworth (ESS) et la latence moyenne au test d’endormissement itératif (TILE) ont été utilisés. Les fuseaux ont été détectés automatiquement au niveau des dérivations C3–C4 (stade N2) à l’aide de trois algorithmes distincts (Martin, A7, SUMO). Les paramètres extraits comprenaient densité, nombre, durée, fréquence d’oscillation, et amplitude. Des ANCOVAs ont comparé les groupes, et des corrélations partielles ont été utilisées pour évaluer les liens entre les caractéristiques des fuseaux et l’ESS et le TILE, avec l’âge et le sexe comme co-variables.
Résultats |
Une réduction significative des amplitudes des fuseaux (pic-à-pic et Root Mean Square) a été observée chez les patients HI avec les trois algorithmes (p entre 0,013 et 0,044). Ces altérations étaient systématiquement associées à des TILE plus courts (p entre 0,018 et 0,026), une mesure objective de la somnolence diurne. En revanche, aucune corrélation n’a été retrouvée entre les caractéristiques des fuseaux et la somnolence subjective évaluée par l’échelle ESS. Par ailleurs, les algorithmes Martin et A7 ont révélé des fuseaux de plus courtes durée chez les patients HI comparativement aux témoins ( p = 0,002 et 0,010), mais sans lien avec les marqueurs de somnolence.
Conclusion |
Les fuseaux morphologiquement altérés observés chez les patients HI sont associés à une somnolence objective accrue. Ces anomalies pourraient refléter un sommeil peu réparateur et constituer des cibles pertinentes pour l’évaluation physiologique de l’HI.
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Vol 23 - N° 1
P. 22 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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