Marqueurs prédictifs du sommeil et des rythmes circadiens dans la dépression unipolaire et bipolaire - 06/03/26
, Pierre-Alexis Geoffroy 1, Delfine Abderrahmane 1, Heloise Rach 2, Michel Lejoyeux 2, Marie-Pia D’ortho 3, Justine Frija 3, Julia Maruani 1Résumé |
Objectif |
L’objectif de cette étude était d’intégrer, des marqueurs subjectifs et objectifs (actimétrie et polysomnographie) du sommeil et des rythmes circadiens dans un modèle prédictif afin d’améliorer la distinction entre dépression unipolaire et bipolaire.
Méthodes |
Des patients présentant un épisode dépressif caractérisé selon les critères DSM-5-TR, unipolaire (DTU) ou bipolaire (DTB), ont été inclus. L’évaluation comprenait un examen clinique avec questionnaires spécifiques du sommeil, des enregistrements actigraphiques et polysomnographiques (PSG). Les variables significativement différentes entre les deux troubles ont été introduites dans un modèle de régression logistique pas à pas rétrograde afin d’obtenir la classification optimale entre DTU et DTB.
Résultats |
L’étude a inclus 159 patients : 43 diagnostiqués avec un DTB (42 actimétries, 20 PSG) et 116 avec un DTU (93 actimétries, 44 PSG). Comparativement aux patients présentant un DTB, ceux avec DTU rapportaient une moins bonne qualité de sommeil (PSQI), une insomnie plus sévère (ISI) et une efficacité du sommeil réduite en actimétrie. Les patients DTB présentaient, par ailleurs, un temps de repos par 24 h plus long, une activité moyenne plus faible durant L5 et M10, ainsi qu’un profil PSG caractérisé par un pourcentage de N2 augmenté et de N3 diminué par rapport au temps total de sommeil, associé à un allongement du sommeil NREM. Six variables ont été retenues dans le modèle final, expliquant 49,4 % de la variance : PSQI, ISI, efficacité du sommeil, temps de repos, activité L5 (actimétrie) et N2 (PSG). Le modèle présentait une excellente capacité discriminative (AUC = 0,926 ; sensibilité = 0,882 ; spécificité = 0,895 ; indice de Youde n = 0,777), avec de fortes valeurs prédictives (VP P = 88,3 % ; VP n = 89,5 %). En analyse post hoc, après correction de Benjamini-Hochberg, seul le pourcentage de N2 demeurait statistiquement prédictif.
Conclusion |
L’intégration de marqueurs subjectifs, actimétriques et polysomnographiques constitue une approche non invasive prometteuse pour distinguer DTU et DTB ; de plus, le pourcentage de N2 s’impose comme une piste potentiellement intéressante pour le diagnostic différentiel des deux troubles.
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Vol 23 - N° 1
P. 24 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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