Intrusions de sommeil lors d’EEG de repos, statut amyloïde et neurodégénérescence chez des adultes âgés présentant une plainte mnésique - 06/03/26
, Claudia Albero 1, 2, Filipa Raposo Pereira 3, Ruben Herzog 1, 2, Maximilien Chaumon 3, Marion Houot 3, Maxime Locatelli 3, Nathalie George 3, Marc Teichmann 4, Isabelle Arnulf 2, 1, Delphine Oudiette 1, 2, Thomas Andrillon 1, 2Résumé |
Objectif |
Les ondes lentes (OL) du sommeil jouent un rôle clé dans la clairance des déchets cérébraux, influençant l’accumulation des lésions associées à la maladie d’Alzheimer (MA). De petites OL ont récemment été observées sur l’EEG d’éveil chez des rongeurs ou des jeunes adultes, et sont interprétées comme des intrusions locales de sommeil. Leur occurrence augmente lors de la privation de sommeil et prédit des erreurs comportementales. Cette étude visait à comparer les caractéristiques des OL d’éveil en fonction du statut amyloïde (A−/A+) et neurodégénératif (N−/N+) actuel, ainsi que des transitions vers A+ ou N+ dans les prochaines années.
Méthodes |
Nous avons inclus 314 personnes âgées avec plaintes mnésiques issues de la cohorte INSIGHT-preAD (70–85 ans). Le statut amyloïde (A) et neurodégénératif (N) a été évalué à l’inclusion et deux ans plus tard par TEP au Florbetapir et au 18F-FDG. Les caractéristiques des OL (densité et amplitude dans les bandes de fréquence delta et thêta) ont été extraites à partir de 2 minutes d’EEG de repos haute densité (256 électrodes). Des ANOVA ont été utilisé sur chaque électrode EEG pour comparer les OL selon le statut A/N et les transitions vers A+ ou N+. Les analyses ont été ajustées pour l’âge, le sexe et le niveau d’éducation, avec correction des comparaisons multiples par permutations basées sur des clusters.
Résultats |
Par rapport aux participants A−N−, les groupes A+N−, A–N+ et A+N+ présentaient une densité d’OL delta plus faible ( Figure 1 ). Les individus A+N+ montraient également une amplitude des OL plus élevée dans les bandes delta et thêta. Les participants ayant évolué de A− vers A+ ( n = 16) présentaient une amplitude d’OL significativement plus élevée (delta et thêta) que ceux restés A− et ceux déjà A+. Les participants passant de N- à N+ ( n = 33) présentaient une densité d’OL delta plus faible que ceux restés N−.
Conclusion |
Les caractéristiques des OL du sommeil local pourraient constituer des biomarqueurs EEG précoces de la déposition amyloïde et de la neurodégénérescence dans la MA. Facilement mesurables lors d’un court EEG de repos, elles pourraient permettre d’identifier les individus à risque dès les stades précliniques, avant tout déclin cognitif.
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Vol 23 - N° 1
P. 27 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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