Étude du contrôle ventilatoire chez des enfants atteints d’une narcolepsie de type 1 : une étude cas témoin - 06/03/26
, Michel Lecendreux, Mylene Fefeu, Eric Konofal, Christophe Delclaux, Plamen BokovRésumé |
Objectif |
La narcolepsie de type 1 (NT1) est un trouble neurologique rare caractérisé par une diminution en hypocrétine, neuropeptide essentiel à la régulation de l’éveil et du sommeil. Outre les perturbations du rythme veille–sommeil, cette déficience pourrait également altérer le contrôle ventilatoire en raison de l’implication des neurones à hypocrétine dans la chémosensibilité mis en évidence dans des modèles animaux. Les données humaines demeurent limitées, en particulier chez l’enfant.
Méthodes |
Cette étude vise à caractériser les réponses ventilatoires chez 21 enfants et adolescents atteints de NT1 (6 à 18 ans), comparés à 21 témoins appariés selon le sexe. Le diagnostic de NT1 était confirmé par une concentration d’hypocrétine dans le liquide céphalo-rachidien inférieur à 110 pg/mL. Les participants ont été soumis à des tests ventilatoires par technique de réinhalation afin d’évaluer la pente de réponse à l’hypercapnie en hyperoxie (chémosensibilité centrale) et évaluer la chémosensibilité périphérique par mesure du loop gain .
Résultats |
Les enfants NT1 présentent une chémosensibilité périphérique au CO2 significativement diminuée par rapport aux témoins. En revanche, la réponse ventilatoire à l’hypercapnie restait globalement préservée, sans différence significative entre les deux groupes. L’analyse génétique a révélé que les sujets porteurs de l’allèle HLA DQB1*06 :02 avaient une diminution plus marquée de la chémosensibilité périphérique, tandis qu’aucun effet n’était observé pour la réponse à l’hypercapnie. Les enfants NT1 présentant une déficience sévère en orexine (orexine-A dans le LCR < 10 pg/mL, n = 9), comparés à ceux ayant une déficience moins marquée (10 à 110 pg/mL, n = 12), n’avaient pas d’architecture du sommeil différente, mais présentaient un index d’apnées–hypopnées (IAH) plus élevé (4,9/heure [2,4 ; 8,1] vs 1,2 [0,6 ; 2,5], p = 0,003) ainsi qu’une chémosensibilité périphérique plus basse ( p = 0,047). En revanche, leur chémosensibilité centrale n’étaient pas différentes.
Conclusion |
Ces données confirment que les enfants NT1 présentent une altération de la chémosensibilité périphérique. Ce déficit semble davantage lié au statut HLA qu’à la sévérité clinique de la maladie. L’intégrité relative de la chémosensibilité centrale soutient l’hypothèse d’une activité orexinergique résiduelle permettant de maintenir la sensibilité au CO 2 .
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Vol 23 - N° 1
P. 29 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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