Durée cumulée de sommeil passé en effort respiratoire augmenté : un nouveau biomarqueur digital associé au profil clinique du SAOS - 06/03/26
, Sébastien Baillieul 2, Nhat-Nam Le-Dong 3, Didier Clause 1, Jean-Louis Pépin 2Résumé |
Objectif |
Évaluer l’association entre la durée cumulée de sommeil passé en effort respiratoire augmenté (REMOV), mesurée par le monitoring des mouvements mandibulaires (MJM), et les plaintes cliniques rapportées par les patients atteints de SAOS.
Méthodes |
Étude transversale incluant 1000 adultes consécutifs adressés pour suspicion de SAOS. Le bilan comprenait une polysomnographie en laboratoire associée à une analyse automatisée des mouvements mandibulaires (Sunrise, Belgique), et l’évaluation des symptômes cliniques à l’aide de questionnaires validés : somnolence diurne ( Epworth Sleepiness Scale, ESS ), fatigue et symptômes dépressifs (questionnaire de Pichot). Le paramètre principal, REMOV, était défini comme le pourcentage du temps total de sommeil ( % TTS) marqué par un effort respiratoire accru associé à des événements obstructifs (apnées, hypopnées ou micro-éveils liés à l’effort respiratoire [RERAs]).
Résultats |
L’échantillon de 1000 participants (51,7 % d’hommes) présentait la distribution suivante de sévérité du SAOS : non-SAOS 9,3 %, forme légère 26,8 %, modérée 28,8 % et sévère 35,1 % ( Figure 1 ). La charge symptomatique était élevée, avec 62,7 % des participants rapportant une somnolence diurne excessive (ESS ≥ 10), 48,1 % une fatigue modérée à sévère (Pichot FSS : 16–32) et 33,3 % un dépistage positif de symptômes dépressifs (Pichot QD2 ≥ 7). Les médianes de REMOV augmentaient parallèlement à la sévérité du SAOS, atteignant 6,5 %, 23,4 %, 28,8 % et 42,8 % pour des index d’apnées-hypopnées (IAH) < 5, 5–15, 15– < 30 et ≥ 30 événements/h, respectivement. L’analyse en composantes principales ( Figure 1 ) a montré que REMOV représentait une dimension informationnelle distincte des métriques polysomnographiques classiques. Par ailleurs, REMOV était fortement associé à la somnolence diurne excessive, à la fatigue et aux symptômes dépressifs, en particulier chez les patients présentant un IAH≤15 événements/h. A l’inverse, l’IAH n’était pas corrélé à ces symptômes.
Conclusion |
REMOV apparaît comme un nouveau biomarqueur digital pertinent du SAOS, en particulier dans ses formes légères à modérées. Pris en compte aux côtés de l’IAH, qui demeure la base de la classification de la sévérité du SAOS, il peut améliorer la concordance entre symptômes rapportés et décisions thérapeutiques, et ainsi affiner la personnalisation de la prise en charge.
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Vol 23 - N° 1
P. 34 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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