Réseaux neuronaux de l’atonie musculaire : nouvelles données dans la compréhension fonctionnelle du trouble du comportement en sommeil paradoxal - 06/03/26
, Sebastien Arthaud, Justin Malcey, Amarine Chancel, Pierre-Hervé Luppi, Patrice FortRésumé |
Objectif |
La transition physiologique entre sommeil lent et paradoxal (SP) s’accompagne de phénomènes pathognomoniques comme des mouvements oculaires rapides, une activité corticale similaire à l’éveil et une atonie des muscles squelettiques. Cette dernière peut être défectueuse favorisant alors des mouvements involontaires anormaux pendant le SP. Ce trouble du Comportement en sommeil paradoxal (TCSP ou RBD) reflèterait l’accumulation cérébrale d’agrégats toxiques (corps de Lewy) pendant la phase prodromale de synucléinopathies comme la maladie de Parkinson. Les neurones prioritairement ciblés seraient ceux du noyau pontique sublatérodorsal (SLD) qui pendant le SP activent d’autres neurones bulbaires (vmM), inhibant à leur tour les motoneurones alpha spinaux. L’inactivation génétique chez le rat de l’une ou l’autre de ces populations neuronales récapitule le tableau symptomatique du TCSP. Cependant, le dysfonctionnement de ces connections ponto-bulbaires en réponse à une atteinte synucléinopathique reste mal compris. Aussi, nous avons entrepris de décrypter finement chez la souris la voie SLD-vmM pour identifier les neurones ciblés par la synucleinopathie sous-jacente d’un TCSP.
Méthodes |
Chez des souris sauvages préparées pour la polysomnographie, nous infusons un AAV rétrogrades portant la cre-recombinase dans la vmM, puis un cre-dépendants véhiculant la toxine diphtérique dans le SLD.
Résultats |
Dès 3–4 jours post-opératoires, les animaux montrent une perte d’atonie du SP (EMG et vidéo) avec TCSP et modifications persistantes du cycle veille-sommeil. L’analyse histologique confirme selon les cas une perte plus ou moins totale des neurones rétrogradement marqués dans le SLD, expliquant probablement la variabilité inter-individuelle observée dans la puissance du TCSP induit (énergie et intensité des mouvements).
Conclusion |
Ces résultats préliminaires valident notre design expérimental visant à manipuler sélectivement les réseaux neuronaux de l’atonie musculaire en SP. Les lésions de taille et de localisation variables, semblent démontrer qu’une zone pontique commune est touchée et suffisante pour induire le TCSP. En revanche, l’intensité du trouble semble directement dépendante de l’expansion cérébrale de la lésion et du pourcentage de mort neuronale dans cette zone. Ces deux variables permettraient d’expliquer la grande variabilité d’expression du TCSP rapportée chez les patients et souligne la complexité à cibler spécifiquement les neurones contrôlant l’atonie musculaire du SP.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Plan
Vol 23 - N° 1
P. 35-36 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
