L’exposition à la lumière augmente la sensibilité olfactive et réduit la glycémie en quelques minutes chez l’humain - 06/03/26
, Xi Wang, Marc Thevenet, Tao Jiang, Claude GronfierRésumé |
Objectif |
Au-delà de son rôle dans la vision, la lumière est le principal synchroniseur de notre horloge circadienne et module de manière aiguë de nombreuses fonctions physiologiques via des mécanismes non visuels. Si son influence sur la vigilance ou la sécrétion de mélatonine est bien établie, son impact sur les systèmes sensoriels comme l’olfaction et sur le métabolisme glucidique reste méconnu. Ces deux systèmes, olfaction et glycémie, présentent une rythmicité circadienne et sont des régulateurs clés du comportement alimentaire. Notre étude a testé l’hypothèse selon laquelle une exposition lumineuse aiguë pourrait moduler directement la sensibilité olfactive et la glycémie chez l’humain.
Méthodes |
Soixante-dix-huit participants en bonne santé (27,1 ± 6,5 ans) ont été inclus dans 2 études contrôlées en laboratoire. Ils ont été exposés à des épisodes de lumière blanche de quatre intensités croissantes (0,5, 10, 100, et 1500 lux) ou bien à 4 spectres différents (obscurité, lumière rouge, bleue, rouge + bleue), de 30 min chacune, durant l’après-midi. La sensibilité olfactive a été évaluée à l’aide de deux odorants (alcool phényléthylique et eucalyptol), et la glycémie a été mesurée avant et après chaque exposition lumineuse. Les relations dose-réponse ont été caractérisées à l’aide de régressions sigmoïdales, conformément aux approches psychophysiques standards.
Résultats |
Nos résultats montrent que la lumière augmente de manière significative et intensité-dépendante la sensibilité olfactive, à partir d’un très faible niveau d’éclairement (10 lux). Inversement, l’exposition à la lumière réduit significativement la glycémie, également à partir de 10 lux. Pour ces deux paramètres, les effets sont robustes et parfaitement décrits par une réponse sigmoïdale (R 2 proche ou égal à 1), attestant d’une relation forte entre l’intensité lumineuse et la réponse physiologique.
Conclusion |
Cette étude fournit la première preuve chez l’humain qu’une exposition lumineuse aiguë exerce un double effet : elle augmente la sensibilité olfactive tout en diminuant la glycémie. La synergie de ces deux effets suggère l’existence d’une voie non-circadienne par laquelle l’environnement lumineux quotidien pourrait influencer directement les mécanismes de régulation de l’appétit et le comportement alimentaire. Ces effets, potentiellement dépendants du moment de la journée (jour vs nuit), ouvrent des perspectives fondamentales pour comprendre les liens entre environnement, nutrition et santé métabolique.
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Vol 23 - N° 1
P. 44 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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