Une privation partielle de sommeil aiguë ou cumulée a un impact limité sur la somnolence et les performances cognitives - 06/03/26

Résumé |
Objectif |
Évaluer l’effet d’une privation partielle de sommeil aiguë ou cumulative, induite dans des conditions expérimentales simulant le travail de nuit, sur la somnolence et les performances cognitives.
Méthodes |
Trente-neuf sujets sains (20–60 ans) ont été soumis à une batterie de tests, répétée toutes les 4 heures, évaluant leur somnolence objective (test de maintien de l’éveil) et subjective, conduite simulée, capacités attentionnelles et de vigilance, et contrôle inhibiteur. Ces tests se déroulaient sur deux sessions, chacune constituée de deux nuits contrôle, et d’une troisième nuit visant à reproduire des conditions de travail nocturne. La session 1 (S1) reproduisait une astreinte (2 réveils d’½h), et la session 2 (S2) un travail de nuit (privation de 24 h). La privation de sommeil correspond à la différence entre le temps de sommeil idéal et le temps total de sommeil mesuré par polysomnographie, puis cumulée sur l’ensemble des nuits de chaque session. L’effet d’une privation faible versus élevée a été analysé par GLMM en tenant compte de facteurs interindividuels (âge, chronotype).
Résultats |
Les privations moyennes faible/élevée de la 3 e nuit étaient de 85,82 ± 46,59/205,61 ± 63,47 min (S1), et les privations moyennes faible/élevée cumulées étaient de 131,68 ± 115,22/445,26 ± 163,25 (S1) et 64,78 ± 94,01/300,42 ± 98,96 (S2). Ni la somnolence (objective ou subjective), ni les performances de conduite, d’attention ou de vigilance n’ont été significativement altérées par les privations aiguës et cumulées. En revanche, les sujets de chronotype « du soir », tendaient vers un contrôle inhibiteur réduit en cas de privation élevée (privation × chronotype S1 : F [2,105] = 5,44, p = 0,006) ou de privation cumulée (S1 : F [2,105] = 7,10, p = 0,017 ; S2 : F [2,84] = 4,51, p = 0,014).
Conclusion |
Une privation partielle de sommeil, même cumulative et proche des conditions réelles de travail nocturne, n’affecte ni la somnolence ni les performances cognitives diurnes et nocturnes. Toutefois, elle peut fragiliser certaines fonctions exécutives en fonction du chronotype. Ces résultats suggèrent qu’en l’absence de facteurs de risque supplémentaires, l’impact de privations partielles sur la vigilance et l’évaluation de la somnolence demeure limité.
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Vol 23 - N° 1
P. 45 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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