Validation de la version française du Sleep Inertia Questionnaire (SIQ) dans les troubles du sommeil - 06/03/26
, Julien Coehlo 2, Sarah Hartley 3, Clara Anselmetti 1, Francois Ricordeau 1, Benjamin Putois 4, Antonin Payet 1, Jean-Arthur Micoulaud-Franchi 2, Pierre Tankere 1, Laure Peter-Derex 1Résumé |
Objectif |
L’inertie du sommeil est un état d’hypovigilance au réveil, reflétant un trouble de la transition sommeil-veille. Fréquente et sévère dans l’hypersomnie idiopathique, elle peut également être présente dans d’autres troubles. Le Sleep inertia Questionnaire (SIQ), auto-questionnaire de 22 questions (cotées de 1 à 5) réparties en 4 dimensions (physiologique, comportementale, cognitive, émotionnelle), a été développé en langue anglaise en 2015 dans la dépression. À ce jour, aucune version française n’a été validée. Notre étude avait pour objectif de traduire et d’évaluer les propriétés psychométriques d’une version française du SIQ, puis de comparer l’inertie du sommeil entre patients avec hypersomnolence centrale (HC) et syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS).
Méthodes |
Après traduction/rétro-traduction, le SIQ en français a été complété prospectivement par des patients hospitalisés pour un SAOS ou une HC entre avril 2024 et avril 2025. D’autres questionnaires ont évalué la fatigue (Pichot), la somnolence (Epworth), la qualité du sommeil (PSQI), la dépression et l’anxiété (HAD-D et HAD-A), le chronotype (Horne et Osberg), et l’inertie aiguë au réveil (St Mary Hospital, item 6). Les effets plancher/plafond, la cohérence interne (alpha de Cronbach et oméga de McDonald), la validité conceptuelle (analyse factorielle confirmatoire : AFC) et externe (corrélations de Pearson) ont été étudiés. Les caractéristiques de l’inertie du sommeil ont été comparées entre HC et SAOS.
Résultats |
Nous avons inclus 237 participants (53,6 % de femmes, âge moyen 46,5 ± 17,5 ans), dont 73 % de SAOS et 27 % d’HC. La version française du SIQ a démontré une excellente cohérence interne (SIQ total : α = 0,93 ; ω = 0,94) et une adéquation acceptable en AFC. Le score total était significativement corrélé (tous p < 0,001) à la fatigue (r = 0,70), la somnolence (r = 0,51), la qualité du sommeil (r = 0,41), l’anxiété (r = 0,52), la dépression (r = 0,52), le chronotype (r = –0,52) et l’inertie aiguë (r = –0,57) ; (tous p < 0,001). L’inertie était plus sévère dans l’HC que dans le SAOS pour le SIQ total (62,3 ± 17,0 versus 47,9 ± 17,2, p < 0,001) et ses 4 dimensions (toutes p < 0,001), y compris après ajustement sur la dépression, le chronotype et l’âge.
Conclusion |
La version française du SIQ présente des propriétés psychométriques satisfaisantes et constitue un outil valide pour évaluer l’inertie dans les troubles du sommeil.
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Vol 23 - N° 1
P. 45-46 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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