L’intégration du signal lumineux dans le retard de phase : quels biomarqueurs ? - 06/03/26
, Ulker Kilic-Huck 1, 2, Virginie Roy De Belleplaine 1, 2, Henri Comtet 1, 2, Héloïse Rach 1, 2, Laurence Hugueny 1, 2, Patrice Bourgin 1, 2Résumé |
Objectif |
Le retard de phase ou Delayed Sleep-Wake Phase Syndrome (DSWPD) est une pathologie affectant le rythme circadien avec des heures d’endormissement et de réveil significativement retardées ( > 2 h), une sensibilité réduite aux synchroniseurs (notamment à la lumière), et parfois à une altération du profil de sécrétion de la mélatonine. L’électrorétinographie (ERG) a été proposée comme indicateur potentiel d’un dysfonctionnement central, et nous avons donc cherché à caractériser le profil ERG des patients atteints de DSWPD. Au vu du rôle essentiel de la lumière dans la régulation du rythme circadien, nous avons exploré la réponse pupillaire dépendante de la mélanopsine comme indicateur fonctionnel des voies non-visuelle de l’intégration lumineuse.
Méthodes |
L’activité des cônes, des bâtonnets et des cellules ganglionnaires rétiniennes (CGR) a été évaluée à l’aide d’une ERG flash dans l’œil non dilaté de 31 patients atteints de DSWPD et de 104 témoins. Tous les participants ont également réalisé une pupillométrie afin de mesurer le diamètre pupillaire et la réponse pupillaire post-illumination (PIPR), marqueur spécifique de l’activité mélanopsinergique. Les différences entre les groupes ont été analysées à l’aide de régressions logistiques ajustées sur l’âge.
Résultats |
Par rapport aux témoins, les patients atteints de DSWPD présentaient une réduction l’amplitude de l’onde B à 0,1 et 1 cd, reflétant l’activité des cellules bipolaires associées aux bâtonnets et mixtes bâtonnets-cônes ( p = 0,009 et p = 0,03), ainsi qu’une tendance à la réduction des amplitudes des ondes A des cônes et bâtonnets ( p = 0,07). De plus, l’amplitude de la PIPR était significativement plus faible chez les patients que chez les témoins ( p < 0,01), ce qui suggère une atténuation des réponses pupillaires induites par la mélanopsine.
Conclusion |
Cette étude originale suggère que le DSWPD est associé à une altération de la fonction des cellules photoréceptrices, des cellules bipolaires associées aux bâtonnets et du système mélanopsinergique. Les dysfonctionnements observés au niveau rétinien et l’hyposensibilité du système mélanopsinergique pourraient contribuer à la physiopathologie du DSWPD en affaiblissant la synchronisation au cycle jour/nuit, pouvant expliquer les bénéfices cliniques d’une luminothérapie matinale.
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Vol 23 - N° 1
P. 47 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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