Sommeil, humeur et électrorétinographie : données normatives chez 102 sujets sains et implications pour son usage comme biomarqueur - 06/03/26
, Laurence Hugueny 1, 2, Héloïse Rach 1, 2, Patrice Bourgin 1, 2Résumé |
Objectif |
La rétine est reconnue comme une partie accessible du cerveau en raison de leur origine embryonnaire commune. L’électrorétinogramme (ERG) s’est révélé être un outil non invasif précieux pour identifier des biomarqueurs de pathologies psychiatriques et du sommeil. Cependant, on ignore encore dans quelle mesure des caractéristiques circadiennes et liées au sommeil ou à l’humeur, influencent l’ERG même chez des sujets sains.
Méthodes |
L’activité des cônes, bâtonnets et cellules ganglionnaires rétiniennes (CGR) a été enregistrée à l’aide de l’ERG chez 102 volontaires sains. Les caractéristiques circadiennes, de sommeil et psychologiques ont été évaluées (chronotype, somnolence, qualité de sommeil, humeur, photopériode, sensibilité subjective à la lumière). Les sujets présentant un trouble du sommeil ou psychiatrique ont été exclus (entretien clinique et Mini Internanional Neuropsychiatric Interview ). Les associations entre paramètres ERG et variables cliniques ont été explorées grâce à des matrices de corrélation et des régressions linéaires, en tenant compte de l’âge.
Résultats |
Comme attendu, l’âge était associé à de nombreux paramètres ERG, et était ainsi pris en compte dans toutes les analyses. Le chronotype (MCTQ) et la qualité de sommeil (PSQI), ainsi que le temps passé depuis l’éveil, étaient significativement associés à plusieurs paramètres photopiques, tandis que les symptômes dépressifs (Beck), et la sensibilité subjective à la lumière impactaient des paramètres scotopiques. Lorsque la réponse mixte des cônes et bâtonnets était recueillie, la qualité de sommeil (PSQI), la fatigue (Pichot), et les symptômes dépressifs montraient une influence significative. Enfin, la phase du cycle menstruel était associée à certains paramètres photopiques.
Conclusion |
Ces résultats confirment que l’ERG est un reflet de l’intégrité rétinienne, tout en révélant sa sensibilité à des variations fonctionnelles liées au sommeil, au rythme circadien et à l’humeur, même chez des sujets sains. Ces influences, probablement médiées par des fluctuations dopaminergiques et mélatoninergiques, doivent être prises en compte pour affiner l’interprétation de l’ERG. Cette sensibilité ouvre des perspectives intéressantes pour l’utilisation de l’ERG comme biomarqueur, dans les troubles psychiatriques et du sommeil.
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Vol 23 - N° 1
P. 47 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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