Risque d’idéations suicidaires associé aux sous-types d’insomnie comorbide chez les patients apnéiques - 06/03/26
, Benjamin Wacquier 2, Matteo Conenna 1, Jean-Pol Lanquart 1, Camille Point 1Résumé |
Objectif |
Dans la littérature, il existe de nombreux arguments en faveur d’une relation spéciale entre la suicidalité et l’insomnie. Or, malgré la prévalence élevée de l’insomnie chez les patients apnéiques, aucune étude n’a actuellement investigué le potentiel rôle joué par ce trouble du sommeil comorbide et ses sous-types spécifiques dans la suicidalité accrue de cette sous-population spécifique. Donc, vu ces données limitées, le but de cette étude était d’investiguer le risque d’idéations suicidaires associé à l’insomnie comorbide et à ses sous-types spécifiques chez les patients apnéiques.
Méthodes |
Au total, 1488 patients apnéiques ont été recrutés rétrospectivement au départ de la base de données du laboratoire du sommeil. Seuls les patients apnéiques présentant des idéations suicidaires mises en évidence lors de l’entretien psychiatrique d’admission et/ou ayant obtenu un score ≥ 1 à l’item G de l’inventaire de dépression de Beck (réduit à 13 items) ont été inclus dans le groupe avec idéations suicidaires. Le risque d’idéations suicidaires associé aux sous-types spécifiques d’insomnie comorbide a été étudié à l’aide d’analyses de régression logistique.
Résultats |
La prévalence des idéations suicidaires était de 9,3 % dans notre échantillon de patients apnéiques. Après ajustement pour les facteurs confondants significatifs identifiés dans les analyses univariées, les analyses de régression logistique multivariées ont mis en évidence que contrairement à la courte durée de sommeil seule (< 6 heures) (OR 1,24 [95 % IC 0,63–2,43]) et à l’insomnie comorbide sans courte durée de sommeil (≥ 6 heures) (OR 1,45 [95 % IC 0,84–2,50]), seule l’insomnie comorbide avec courte durée de sommeil ( < 6 heures) (OR 2,24 [95 % IC 1,26–3,96]) était significativement associée à la survenue des idéations suicidaires chez les patients apnéiques.
Conclusion |
Donc, cette étude a démontré que l’insomnie comorbide avec courte durée de sommeil (< 6 heures) pourrait jouer un rôle majeur dans la suicidité accrue chez les patients apnéiques, ce qui semble nécessiter un dépistage systématique et un traitement approprié de ce trouble du sommeil comorbide afin de permettre une meilleure gestion du risque suicidaire dans cette sous-population spécifique.
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Vol 23 - N° 1
P. 48 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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