Corrélats cliniques évolution longitudinale et valeur prédictive de l’anxiété dans le trouble comportemental en sommeil paradoxal isolé - 06/03/26
, Marion Houot 3, 4, 5, Sophie Baltassis 1, 2, Jean-Christophe Corvol 2, 3, 5, Marie Vidailhet 2, 3, 5, Laure Peter-Derex 6, Laurène Leclair-Visonneau 7, Valérie Cochen De Cock 8, 9, Beatriz Abril 10, Lise Lanvin 11, Maria Livia Fantini 12, Stephan Grimaldi 13, Smaranda Leu 1, 2, Isabelle Arnulf 1, 2, Pauline Dodet 1, 2Résumé |
Objectif |
L’anxiété est fréquemment rapportée chez les patients atteints de synucléinopathies, y compris dès le stade prodromal, mais elle reste peu caractérisée à cette phase précoce. Notre objectif était de décrire les caractéristiques cliniques de l’anxiété, son évolution temporelle et sa valeur prédictive chez des sujets présentant un trouble comportemental en sommeil paradoxal idiopathique (TCSPi).
Méthodes |
Dans la cohorte ICEBERG, nous avons suivi annuellement pendant quatre ans 50 volontaires sains (VS), 49 patients atteints de TCSPi et 154 patients avec maladie de Parkinson (MP) débutante. L’anxiété a été évaluée par l’échelle Hospital Anxiety and Depression Scale (HADS-A). Les trajectoires longitudinales entre les 3 groupes ont été analysées grâce à un modèle linéaire mixte ajusté sur l’âge, le sexe, le niveau d’éducation et la durée de maladie. Le même modèle a été utilisé chez les sujets TCSPi afin d’identifier les caractéristiques cliniques associées à l’anxiété parmi la somnolence, les troubles cognitifs, les hallucinations, l’hypotension orthostatique et la constipation. La valeur prédictive de l’anxiété a été évaluée à l’aide d’un modèle de Cox en utilisant le registre national français du TCSPi ( n = 188).
Résultats |
Le score HADS-A moyen chez les TCSPi était de 6,8 ± 3,3, avec 20/49 participants (38,5 %) obtenant un score supérieur à 7. Au cours du temps, le niveau d’anxiété chez les TCSPi restait similaire aux sujets MP, mais supérieur à celui des VS (coefficient : –1,3 ± 0,5, p = 0,033). Ces niveaux restaient stables chez les TCSPi mais décroîtraient chez les MP (coefficient : –0,12 ± 0,05, p = 0,023). Chez les TCSPi, l’anxiété était associée au sexe féminin ( p = 0,001) et à la somnolence ( p = 0,008), sans lien avec les autres variables cliniques explorées. Dans le registre national, l’anxiété n’était pas prédictive de la phénoconversion (HR = 1,17 ; IC 95 % 0,32–4,27 ; p = 0,807).
Conclusion |
L’anxiété est fréquente même au stade prodromal et reste stable au cours du suivi malgré l’annonce du diagnostic. Ses niveaux sont similaires à ceux des sujets avec MP et sont associés à la somnolence. En revanche, sa présence n’est pas associée à un risque de phénoconversion plus important.
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Vol 23 - N° 1
P. 50 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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