Les plaintes de somnolence sont associées à un usage problématique des écrans, indépendamment des symptômes d’anxiété et de dépression - 06/03/26
, Hervé Alia, Julien Coelho, Florian Pecune, Etienne De Sevin, Sarah Moriceau, Marc Auriacombe, Pierre PhilipRésumé |
Objectif |
L’addiction est l’un des troubles psychiatriques les plus répandus dans la population générale, et la co-occurrence avec les troubles du sommeil est très fréquente. L’objectif de ce travail était d’explorer, parmi les utilisateurs de l’application KANOPEE, la relation entre les plaintes de somnolence et d’insomnie et l’usage problématique de substances/écrans.
Méthodes |
L’application smartphone KANOPEE propose des interactions avec un compagnon virtuel pour évaluer l’insomnie ( Insomnia Severity Index [ISI]), la somnolence diurne excessive (SDE, Epworth Sleepiness Scale [ESS]), et dépister l’usage problématique du tabac, de l’alcool, du cannabis, et des écrans. Les symptômes anxieux et dépressifs sont évalués (PHQ-2, PHQ-9). Un agenda de sommeil de 7 jours permet ensuite d’évaluer la durée et la régularité du sommeil. Pour les analyses, les participants ont été répartis en groupes d’addiction principale exclusifs selon l’usage le plus problématique, ou dans un groupe contrôle en cas d’usages non problématiques.
Résultats |
Depuis avril 2020, 14 512 participants ont été inclus (62 % de femmes ; âge moyen : 49 ans ; alcool 18,4 % [ n = 2676], tabac 12,0 % [ n = 1739], écrans 10,0 % [ n = 1458], cannabis 1,7 % [ n = 247] et contrôle 57,5 % [ n = 8350]). Les plaintes liées au sommeil étaient fréquentes : 49 % rapportaient une insomnie modérée à sévère, et 42 % une SDE modérée à sévère. Après ajustement sur les données sociodémographiques et le sommeil, l’insomnie était plus fréquente dans les groupes tabac, écrans et alcool. La SDE était plus fréquente dans le groupe écrans, mais moins fréquente dans le groupe cannabis. Après inclusion des variables psychopathologiques, les associations avec l’insomnie perdaient leur significativité, alors que celles avec la SDE restaient inchangées.
Conclusion |
Les plaintes de somnolence sont fréquentes chez les utilisateurs de KANOPEE et associées à l’usage problématique des écrans, indépendamment de l’anxiété/dépression. Les plaintes d’insomnie sont courantes, et associées à l’usage problématique de tabac, alcool et écrans, mais ce lien est largement expliqué par l’anxiété/dépression. L’effet protecteur apparent du cannabis sur la plainte de somnolence contraste avec la littérature : de futures études devront explorer la direction/temporalité de ces liens.
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Vol 23 - N° 1
P. 51-52 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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