Marqueurs du sommeil et rétiniens : un modèle prédictif de la dépression saisonnière - 06/03/26
, Julia Maruani 1, 2, 3, 4, Héloïse Rach 4, Boris Matrot 1, Pierre Alexis Geoffroy 1, 2, 3, 4Résumé |
Objectif |
Identifier des biomarqueurs du sommeil, des rythmes biologiques et des voies de signalisation lumineuse impliquées dans la dépression saisonnière.
Méthodes |
Une première étude a évalué des marqueurs subjectifs du sommeil, des rythmes veille-sommeil et de la saisonnalité à l’aide de questionnaires, ainsi que des marqueurs objectifs rétiniens par pupillométrie grâce au PIPR, un proxy de la sensibilité des cellules à mélanopsine. Une deuxième étude a exploré l’activité des cellules rétiniennes via l’électrorétinographie (ERG), en parallèle de l’évaluation des marqueurs subjectifs du sommeil et des rythmes circadiens, chez des patients déprimés avec ou sans sensibilité saisonnière. L’objectif était également de développer un modèle prédictif de la sensibilité aux saisons à l’aide d’une analyse ROC.
Résultats |
La première étude a mis en évidence une association indépendante entre une hyposensibilité mélanopsinergique, la sensibilité aux saisons et l’insomnie dans les troubles dépressifs. Une corrélation négative a été retrouvée entre la sévérité de l’insomnie ou la saisonnière et l’amplitude du PIPR. Des analyses de médiation ont montré un effet direct entre le PIPR et la saisonnalité non médié par l’insomnie, suggérant que le PIPR diminué pourrait être un biomarqueur objectif de la saisonnalité dans la dépression. La deuxième étude a permis de développer un modèle prédictif de la saisonnalité chez les patients déprimés, avec de bonnes performances (AUC = 0,861, Youden's index = 0,619, sensibilité : 90,5 %, spécificité 71,4 %) et une variance expliquée de 30 %. Les facteurs associés dans ce modèle sont une diminution de l’amplitude de réponse des cellules bipolaires liées aux bâtonnets, une augmentation de la réponse des cônes, une somnolence diurne accrue, une sévérité dépressive plus importante, un âge plus jeune et le sexe féminin.
Conclusion |
Ces deux études ont permis d’identifier des marqueurs du sommeil et rétiniens impliqués dans la dépression saisonnière, et de développer un modèle multimodal prédictif intégrant des dimensions psychiatriques, circadiennes et neuro-ophtalmologiques. Ces résultats soulignent l’importance d’une évaluation multimodale des différents marqueurs biologiques impliqués dans les voies de signalisation lumineuse. Un second axe de recherche portera sur l’identification des biomarqueurs prédictifs de la réponse à la luminothérapie, dans une approche intégrative combinant mesures rétiniennes, sommeil et symptômes psychiatriques.
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Vol 23 - N° 1
P. 52 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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