TDAH et sommeil à travers les âges : corrélations différentielles avec le fonctionnement cognitif et affectif - 06/03/26
, Luisa Weiner 3, 4, 5, Patrice Bourgin 1, 2, Carmen Schröder 1, 2, 5, 6Résumé |
Objectif |
Le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) persiste à l’âge adulte dans près de deux tiers des cas. Au-delà des difficultés cognitives, il s’accompagne fréquemment de symptômes de dysrégulation émotionnelle, de troubles du sommeil et de perturbations circadiennes. Ces dimensions, étroitement interconnectées, semblent s’influencer mutuellement, mais leurs interactions restent encore peu comprises. Cette étude vise à identifier quels aspects du sommeil et des rythmes circadiens peuvent impacter le fonctionnement cognitif et affectif tout au long de la vie.
Méthodes |
Quinze enfants (7–12 ans, M = 9,7 ans) et 15 adultes (M = 30,9 ans) primo-diagnostiqués avec un TDAH ont été recrutés. Les participants ont réalisé 2 semaines d’actigraphie et un dosage de la 6-sulfatoxymélatonine (6-SM) à domicile sur 24 h avec 5 périodes de recueil. Des évaluations neuropsychologiques (QI, fonctions attentionnelles et exécutives) et des questionnaires (symptômes du TDAH, dysrégulation émotionnelle, chronotype, somnolence) ont été complétés. Des corrélations entre dimensions symptomatiques ont été analysées et des comparaisons intergroupes ont été réalisées avec des scores z.
Résultats |
La somnolence auto-rapportée est liée à la sévérité des symptômes du TDAH chez les enfants ( p = 0,015) et tend à l’être chez les adultes ( p = 0,063). Dans ce dernier groupe, une latence d’endormissement plus allongée s’associe à des difficultés de planification ( p = 0,036), tandis qu’une excrétion nocturne élevée de 6-SM est liée à de meilleures performances d’attention soutenue ( p = 0,017) et inversement. Chez les enfants, l’instabilité et le décalage du rythme (M10) tendent à être liés aux symptômes anxieux et dépressifs ( p = 0,044, p = 0,075, respectivement), chez les adultes, une faible efficacité de sommeil tend à accroître la labilité émotionnelle ( p = 0,057) et vice versa. En comparant les groupes d’âge, les enfants présentent des rythmes activité-repos plus stables ( p < 0,001), une meilleure efficacité de sommeil ( p = 0,002) et une latence d’endormissement plus longue ( p = 0,017) que les adultes.
Conclusion |
Les troubles du sommeil et des rythmes circadiens, en particulier le décalage de phase, apparaissent comme une composante centrale du TDAH. Présents dès l’enfance et persistants à l’âge adulte, ils interfèrent directement et différentiellement avec la cognition et la régulation émotionnelle et devraient être considérés comme des cibles prioritaires dans l’évaluation et les thérapies proposées.
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Vol 23 - N° 1
P. 52-53 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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