Étude de l’impact horaire sur le délai d’alerte-départ des pompiers lors d’interventions dans un service départemental d’incendie et secours - 06/03/26

Résumé |
Objectif |
Afin de prévenir des risques liés à la fatigue des sapeurs-pompiers, cette étude s’intéresse aux délais entre l’alerte et le départ lors d’interventions nocturnes. Contrairement aux expérimentations laboratoires, une approche terrain permet d’observer les effets réels du rythme d’alerte sur la vigilance et la récupération. En analysant des données concrètes, cette étude cherche à poser les bases d’une compréhension de la fatigue cognitive dans un environnement dynamique et imprévisible. Elle vise à éclairer les enjeux de santé et performance.
Méthodes |
Analyse des délais entre l’alerte et le départ de la caserne dans un SDIS avec un fonctionnement en gardes postées. L’analyse porte sur plus de 430 000 interventions de secours à personnes, de 2018 à 2024. Les données sont collectées par intervention avec le sinistre et l’horodatage d’appel et de départ. On analyse heure par heure les délais sur une journée, et on évalue l’influence des types de sinistres et tendances annuelles ou saisonnières.
Résultats |
Le délai de départ médian montre une rythmicité circadienne robuste, avec une médiane de 2,0 min [1,3–3,0] ( n = 351 905) en journée (6 h–22 h) qui augmente à 3,0 min [2,0–4,1] ( n = 80 762) la nuit (22 h–6 h) ; avec différentiel hautement significatif ( p < 0,001). Cette rythmicité peut être représentée sous forme d’un modèle de type cosinor (R 2 ≈ 0,92) avec une acrophase à 2 h 58. Elle s’observe en toutes saisons, pour tous sinistres, dans l’ensemble du département.
Conclusion |
L’analyse porte sur le comportement des équipes et non sur les performances individuelles des sapeurs-pompiers. Elle démontre l’existence probable d’un effet circadien sur les délais de départ en garde postée, qui sont significativement et systématiquement plus longs la nuit. Cette étude ouvre la voie à d’autres recherches de terrain sur l’efficacité des pompiers en privation de sommeil, lors de gardes postées et en intervention. Elle pose les bases d’un axe de recherche terrain portant sur les performances des sapeurs-pompiers en conditions extrêmes – privation de sommeil chronique ou interventions sur plusieurs jours. En modélisant la fatigue opérationnelle, nous espérons aider les services de secours à définir des stratégies optimisant les performances de terrain et la résilience des agents.
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Vol 23 - N° 1
P. 54 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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