Effets cumulés d’une contrainte prolongée et d’une dette modérée de sommeil sur les capacités attentionnelles - 06/03/26
, Sami Mecheri, Arnaud RabatRésumé |
Objectif |
Cette étude s’inscrit dans la problématique multifactorielle de la fatigue mentale. Notre objectif était d’étudier les effets combinés d’une contrainte attentionnelle prolongée (PVT) de 45 minutes avec une dette modérée et cumulée de sommeil. Nous avons émis l’hypothèse que les effets délétères d’une dette modérée seraient démasqués par la contrainte attentionnelle prolongée.
Méthodes |
Quarante participants (dont 26 femmes, de 32 ± 8 ans) ont été inclus. Les rythmes veille-sommeil ont été enregistrés pendant 4 semaines (agenda, actimètre et bague Oura). Deux groupes expérimentaux ont été définis sur la base de leur différence de temps total de sommeil entre la semaine et le week-end : « Témoin » (différence < 45 minutes), « Petite Dette » (différence < 90 minutes), « Grosse dette » (différence > 120 minutes). La phase expérimentale était constituée de deux sessions : « Fatigue » (45 minutes de PVT) et « Ludique ». Nos participants ont été questionnés sur leur niveau de fatigue (BRUMS, EVA-F), de somnolence (KSS), de motivation (EVA-M) et de perception de l’effort (EVA-E). Au cours de la passation du PVT, les participants ont été régulièrement interrogés sur leur fatigue et leur état mental (rêverie).
Résultats |
Nous observons une augmentation significative du temps de réponse moyen (W = 2 ; p < 0,001) et du nombre de lapses (W = 37,5 ; p < 0,001) entre les 10 premières et 10 dernières minutes. Ces deux variables sont également corrélées au temps passé à la tâche (rho = 0,314 ; p < 0,001 et rho = 0,269 ; p < 0,001). Les niveaux de fatigue, de somnolence et d’effort sont également significativement plus important après le PVT par rapport aux activités ludiques. Par ailleurs, les scores aux questions posées lors du PVT semblent indiquer une augmentation plus précoce du niveau de fatigue pour les groupes en dette et possiblement des décrochages mentaux plus fréquents.
Conclusion |
Ces résultats mettent en évidence qu’une sollicitation attentionnelle prolongée engendre un état de fatigue mentale (objective et subjective). La dette ne semble pas s’additionner aux effets de la contrainte mais accélèrerait la cinétique de la plainte de fatigue. Il serait intéressant de confirmer que les défaillances attentionnelles des groupes en dette passent par des épisodes de rêveries mentales.
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Vol 23 - N° 1
P. 55-56 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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