Cohorte SoPsy-Dépression : données préliminaires des évaluations de sommeil et psychiatriques dans l’épisode dépressif caractérisé - 06/03/26
, Julia Maruani 2, Renaud Cornic 3, Patrice Bourgin 4, Marie-Pia D’Ortho 5, Carmen Schröder 6, Aline-Marie Florence 7, Pierre A. Geoffroy 8Résumé |
Objectif |
Les troubles dépressifs touchent près de 20 % de la population générale et regroupent des entités hétérogènes. Identifier des biomarqueurs transférables en pratique clinique est aujourd’hui crucial pour améliorer leur détection et prise en charge. Les troubles du sommeil, présents chez plus de 90 % des patients avec épisode dépressif caractérisé (EDC), constituent une piste prometteuse pour identifier des sous-types homogènes de troubles dépressifs. Cette étude vise à caractériser les perturbations du sommeil et des rythmes circadiens dans les troubles dépressifs à l’aide de biomarqueurs subjectifs dérivés de questionnaires.
Méthodes |
La cohorte nationale SoPsy-Dépression est une étude multicentrique (41 centres), non interventionnelle, visant l’inclusion de 1000 patients avec EDC, adultes et enfants, sur 10 ans. Les données sociodémographiques, cliniques et somatiques sont recueillies à l’inclusion et lors des visites de suivi éventuelles. Les réponses à un ensemble de questionnaires (auto- et hétéro-questionnaires) validés par consensus Delphi, couvrant les dimensions psychiatriques, le sommeil et la consommation de substances, sont également collectées. Les résultats d’examens complémentaires (PSG, agenda du sommeil, TILE, dosages de mélatonine/cortisol) peuvent être intégrés lorsqu’ils sont réalisés dans le cadre du soin courant. Les caractéristiques des premiers patients inclus sont présentées ici.
Résultats |
Au 1 er juillet 2025, 132 patients avec EDC ont été inclus dans 10 centres (67 % femmes, âge moyen 38,8 ± 14,4 ans), dont 83 % unipolaires et 17 % bipolaires. À l’inclusion, 70 % présentaient une insomnie et 23 % une hypersomnie. Les comorbidités principales étaient les troubles liés à des traumatismes (49 %) et troubles anxieux (38 %). Le taux de remplissage des questionnaires obligatoires atteignait 60 %. Les principaux questionnaires de sommeil et rythmes montraient une mauvaise qualité de sommeil (PSQI) chez 94 %, une hypersomnolence (HSI) chez 92 %, une insomnie modérée (ISI) chez 67 % et une sensibilité saisonnière (SPAQ) chez 46 %.
Conclusion |
Ces résultats préliminaires confirment la faisabilité d’un recueil harmonisé à grande échelle et la standardisation via des questionnaires validés par consensus Delphi. Les troubles du sommeil apparaissent omniprésents dans l’EDC. L’analyse complète des 1000 patients permettra d’identifier des sous-groupes homogènes, de définir des biomarqueurs cliniques reproductibles et de poser les bases d’approches personnalisées susceptibles de transformer la prise en charge des patients présentant un EDC.
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Vol 23 - N° 1
P. 57 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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