Le sommeil en conditions extrêmes : étude de cas d’un skipper du Vendée Globe 2024 - 06/03/26
, Maxime Chauvineau 2, 3, Mathieu Nédélec 1, François Duforez 3, 4Résumé |
Objectif |
La course au large en solitaire est un sport extrême où une restriction de sommeil prolongée est considérée comme inévitable pour les skippers, avec des temps de sommeil moyens rapportés de 3 h 40 par cycle de 24 heures. Cette restriction peut hautement compromettre les performances et la sécurité des skippers. Par ailleurs, les stratégies de gestion du sommeil sont rares et les environnements de sommeil à bord sont sous-optimaux. Cette étude vise à mesurer le sommeil du skipper ayant remporté le Vendée Globe 2024, lors duquel il a adopté une stratégie innovante d’optimisation du sommeil comprenant un système de literie conçu pour les conditions extrêmes, une gestion active de la lumière, de la température et du bruit, et un outil de monitoring du sommeil embarqué.
Méthodes |
Le sommeil du skipper a été mesuré à terre, avant la course, via actimétrie et en mer, pendant la course, via un logiciel dédié. Chaque épisode de sommeil était initié et conclu par le skipper via un ordinateur à proximité de la couchette, et suivi d’une auto-évaluation de la qualité du sommeil sur une échelle à 4 points. Les données recueillies étaient le temps passé au lit, le temps total de sommeil, la durée des épisodes et leur répartition. Un entretien semi-structuré post-course est venu compléter l’analyse.
Résultats |
Durant 64 jours, 19 heures, 22 minutes et 49 secondes de course, le skipper a adopté un sommeil polyphasique (41,3 ± 10,5 épisodes/24 h), avec un temps passé au lit (8 h 22 ± 2 h 20) et un temps total de sommeil (6 h 30 ± 1 h 05) moyens comparables aux mesures à terre (8 h 03 et 6 h 23). Quarante-neuf pour cent des épisodes de sommeil ont été jugés de qualité modérée à bonne. Ces quantités et qualités de sommeil sont nettement supérieures à celles rapportées dans la littérature. Les épisodes de sommeil nocturnes (21 h–6 h) étaient significativement surreprésentés, suggérant le maintien d’un rythme circadien.
Conclusion |
Malgré les conditions extrêmes imposées par la course au large en solitaire, une gestion optimisée du sommeil peut permettre de préserver une quantité et une qualité de sommeil proches de celles à terre, contribuant à un meilleur niveau de sécurité et de meilleures performances.
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Vol 23 - N° 1
P. 61 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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