SleepSailingLab, étude du sommeil et des rythmes hormonaux lors d’une course au large transatlantique de 23 jours - 06/03/26
, Valentin Bourlois 1, Rémi Lombard 3, Courtney Kurinec 4, 5, Yann Landkocz 6, Thierry Pezé 1, Sandrine Nail-Billaud 7, 8, Rémi Hurdiel 1Résumé |
Objectif |
La plupart des études sur le sommeil et les rythmes circadiens sont réalisées en laboratoire, dans des conditions contrôlées. En mer, lors de compétitions transatlantiques en double, les navigateurs doivent gérer sommeil, vigilance et performances dans un environnement instable. Documenter les rythmes biologiques dans ce contexte pose un défi méthodologique majeur. Cette étude visait à examiner la persistance des rythmes circadiens du cortisol, de la mélatonine et de la somnolence perçue lors d’une transatlantique en double, et à tester la faisabilité d’un protocole inédit en conditions extrêmes.
Méthodes |
Deux concurrents ont traversé de La Trinité-sur-Mer à Fort-de-France en 23 jours (avril–mai 2024). Un protocole spécifique a été conçu pour s’adapter aux contraintes du bateau : prélèvements salivaires toutes les 6 h pour le dosage de la mélatonine et du cortisol, mesures répétées de stress, humeur, anxiété et somnolence via une échelle simplifiée, et suivi du temps de repos (TIB) par auto-rapport et journal de bord numérique. Une logistique adaptée a permis d’assurer la conservation des échantillons et la régularité des mesures malgré les conditions marines.
Résultats |
La durée de TIB moyen par jour est de 6,4 h ± 2,2 h pour A et 7,0 h ± 2,3 h pour R, réparti en 4,3 ± 1,6 siestes (A) et 5,1 ± 2,2 siestes (R). Deux stratégies distinctes de siestes ont émergé (courtes de 25–35 min et plus longues d’environ 2 h, p < 0,001). La somnolence subjective et le cortisol ont révélé une rythmicité circadienne robuste (A : 23,83 h et 23,83 h ; R : 23,84 h et 24,92 h respectivement). Les données de mélatonine n’ont pas permis de déterminer une rythmicité claire. La concordance des variations de cortisol avec des événements marquants à bord souligne la sensibilité du protocole.
Conclusion |
Cette étude montre la faisabilité d’un protocole innovant permettant de collecter en pleine mer, et sur une longue durée, des données physiologiques et comportementales fiables. Malgré un sommeil réduit et morcelé, les rythmes circadiens demeurent entraînés, suggérant une régulation robuste. Ce travail ouvre la voie à des recherches en conditions extrêmes (missions militaires, pompiers…), au-delà du cadre du laboratoire.
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Vol 23 - N° 1
P. 62 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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