Troubles du sommeil et accidentologie associés aux gardes chez les internes : résultats de l’enquête BASIL-2 - 06/03/26
, Alexandra Duvignau 2, Emmanuel Fort 2, Julia D’aviau De Ternay 3, Amélie Massardier Pilonchery 4, Stéphanie Mazza 5, Ludivine Nohales 4, Carole Pelissier 6, Frederic Roche 7, Benjamin Rolland 3, Martine Wallon 5, Sophie Pelloux 8, Laure Peter-Derex 1Résumé |
Objectif |
Les internes sont exposés à des conditions de travail exigeantes incluant les gardes de nuit, susceptible d’altérer leur sommeil. Dans la 2 e édition du Baromètre santé des internes de la subdivision de Lyon (BASIL-2), nous avons évalué les troubles du sommeil et l’accidentologie associés aux gardes.
Méthodes |
L’enquête a été proposée aux internes en médecine/pharmacie/odontologie entre février et mars 2025. Un questionnaire en ligne recueillait des données sur les gardes (fréquence, durée, repos de sécurité), la gestion du sommeil par rapport aux gardes, la somnolence (ESS) et l’accidentologie. Un calage sur marges (sexe, spécialité) a corrigé la représentativité de l’échantillon, permettant des analyses descriptives pondérées et l’analyse des facteurs associés à la somnolence et à l’accidentologie.
Résultats |
Sur 2092 internes sollicités, 592 ont répondu (61,3 % de femmes, âge moyen 27 ans). Parmi eux, 72,1 % réalisaient des gardes (moyenne 16/semestre, en général 14 h après une journée de travail). En garde, 66,8 % dormaient < 3 h, avec un repos de sécurité respecté chez 88,5 %. Après une garde, 82,1 % dormaient en journée (moyenne 3 h 55 min), 35,4 % se couchaient plus tôt le soir suivant. La plupart des internes ne changeaient pas d’habitudes de sommeil avant une garde de nuit mais 35,4 % rapportaient avancer le coucher et 14,4 % faire une sieste anticipatrice. En garde, les principales stratégies pour stimuler la vigilance étaient le café (86,6 %) et l’alimentation (55,1 %). Concernant l’accidentologie, 14,6 % déclaraient avoir eu un accident de la route depuis le début de l’internat (21,5 % pendant/après une garde/astreinte, 20 % liés à la somnolence) et 27,9 % un accident d’exposition au sang (AES) (30,1 % pendant une garde de nuit). La fréquence des gardes était associée aux accidents routiers ( p = 0,003) et aux AES ( p = 0,004). Le risque d’AES dépendait de la durée du sommeil en garde (risque minimal si durée nulle ou > 6 h, p = 0,004). La somnolence était moindre chez les internes adoptant des stratégies de sommeil anticipatrices ( p = 0,03) et ceux dormant plus longtemps après une garde ( p = 0,047).
Conclusion |
Les gardes de nuit exposent les internes à une restriction de sommeil et à une accidentologie accrue. Nos résultats soulignent l’intérêt de stratégies de prévention ciblant l’anticipation et la récupération du sommeil.
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Vol 23 - N° 1
P. 64-65 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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